RĂ©cemment, un magazine d’extrĂŞme droite, Frontières, a suscitĂ© l’indignation après avoir divulguĂ© les identitĂ©s d’une soixantaine d’avocats, dont deux exerçant Ă Montpellier. Dans un hors-sĂ©rie controversĂ© consacrĂ© aux « coupables » de « l’invasion migratoire », cette publication vise Ă discrĂ©diter ces professionnels du droit en insinuant qu’ils sont complices des migrants cherchant Ă obtenir des titres de sĂ©jour.
Une publication choquante
L’Ordre des avocats de Montpellier a rĂ©agi avec stupeur face Ă cette initiative. Elle accuse le magazine d’extrĂŞme droite Frontières de mettre en pĂ©ril la sĂ©curitĂ© de ses membres en les exposant Ă la violence publique. Dans sa liste, le magazine ne se contente pas de mentionner des avocats, il relie leur engagement professionnel Ă des accusations de complicitĂ© dans des actes d’immigration illĂ©gale.
Une attaque contre la profession
Selon le Barreau de Montpellier, cet article stigmatise les avocats qui assistent des Ă©trangers en situation irrĂ©gulière, en particulier ceux bĂ©nĂ©ficiant de l’aide juridictionnelle. L’Ordre rappelle que la dĂ©fense des droits des individus ne fait pas des avocats des complices, quelle que soit la nature des accusations formulĂ©es contre leurs clients.
Conséquences et réactions
Le climat créé par cette publication a engendrĂ© des menaces et des insultes Ă l’encontre des avocats citĂ©s. Des tĂ©moignages rapportent des appels Ă la violence et d’autres formes d’agression verbale sur les rĂ©seaux sociaux, indiquant que la campagne de diffamation dĂ©passe le cadre de la simple dĂ©nonciation journalistique.
Un appel Ă la justice
En rĂ©ponse Ă cette situation inquiĂ©tante, le Barreau de Montpellier a informĂ© le Procureur gĂ©nĂ©ral près la Cour d’appel de Montpellier. Ils prĂ©voient de se joindre aux efforts du Conseil national des barreaux, qui a dĂ©jĂ dĂ©posĂ© une plainte auprès du Ministère public, soulignant l’importance de dĂ©fendre les avocats contre ces attaques infondĂ©es.
Une perspective sociale et juridique
Cette affaire soulève des questionnements sur la libertĂ© d’expression et ses limites, particulièrement lorsqu’elle est utilisĂ©e pour inciter Ă la violence. En effet, le bĂ©nĂ©fice de l’aide juridictionnelle pour les personnes en situation irrĂ©gulière rĂ©sulte d’une dĂ©cision du Conseil constitutionnel affirmant que la loi doit ĂŞtre la mĂŞme pour tous. Cette attaque contre les avocats par un magazine d’extrĂŞme droite symbolise une tentative inquiĂ©tante d’instrumentaliser le dĂ©bat sur l’immigration Ă des fins politiques.