L’agriculture dans les Hauts-de-France et à Provins est confrontée à des défis croissants, notamment avec les fluctuations des prix des engrais et des céréales. Les agriculteurs doivent s’adapter à ces incertitudes tout en cherchant à maximiser leurs rendements. Cette nécessité de réévaluation des pratiques agricoles se fait ressentir de manière exacerbée dans un environnement économique et climatique instable.
Les stratégies d’adaptation des agriculteurs face à l’incertitude
David Boucher, responsable innovation au sein du groupe Carré, souligne que les agriculteurs examinent diverses approches pour faire face à la situation actuelle. À une époque où les prix du blé sont en constante fluctuation, la prudence devient une nécessité. Sébastien Guérinot, installateur au sud de Provins, exprime son engagement envers sa stratégie actuelle malgré l’instabilité des prix : « Les dés sont jetés… je ne compte pas changer de stratégie ». Ce point de vue illustre les dilemmes auxquels font face les agriculteurs : évaluer le potentiel de leur marché tout en évitant d’y perdre en bénéfices.
Les agriculteurs prennent également en compte des pratiques plus sophistiquées telles que la mesure des reliquats azotés, fondamentaux pour un plan de fertilisation réussi. Arvalis, un institut technique de recherche, alerte sur l’importance d’estimer ces reliquats avec précaution, notamment en raison des conditions climatiques imprévisibles. Les prévisions météorologiques jouent un rôle crucial dans les décisions d’apport d’azote, que ce soit par voie terrestre ou même via des systèmes pilotés par satellite.
Optimisation des apports en azote
La gestion des apports en azote est centrale pour garantir des rendements optimaux. David Boucher insiste sur l’importance de respecter les moments clés de la croissance des cultures. Les besoins en azote des blés, par exemple, sont plus marqués lors de la montaison. C’est à ce moment-là que les apports doivent être ajustés soigneusement pour maximiser la qualité de la récolte. Guérinot et d’autres agriculteurs envisagent à présent des techniques innovantes pour moduler ces apports, indiquant une tendance vers une agriculture plus technologique.
La recherche de l’équilibre est cruciale. Grégory Vericel d’Arvalis prévient que le choix des moments pour apporter de l’azote peut influencer le rendement. En effet, une approche trop sécuritaire, visant à apporter de l’azote trop tôt, peut en réalité nuire au rendement et réduire le pourcentage de protéines. L’analyse comparative de différentes stratégies de gestion des apports a révélé qu’un fractionnement bien proportionné des engrais se montre plus efficace que des méthodes basées uniquement sur l’arrosage après un apport.
Développement de solutions durables
Le contexte actuel pousse les agriculteurs à explorer des alternatives aux engrais classiques. Dans les Hauts-de-France et en Seine-et-Marne, des praticiens comme David Boucher se tournent vers les biostimulants, avec un accent particulier sur l’accompagnement de nouvelles cultures telles que le tournesol. Cette culture, favorable économiquement et nécessitant peu d’intrants, permet une meilleure gestion des sols dans les exploitations.
Guérinot, quant à lui, a intégré le tournesol dans sa rotation depuis 2018 et observe des résultats prometteurs. Avec des terres adaptées, il note : « C’est la culture avec laquelle on obtient la meilleure marge ». Pour lui, diversifier les cultures devient une priorité : envisager d’introduire la culture de soja d’ici 2027 pourrait également répondre à des besoins de désherbage croissant tout en renforçant la résilience de son exploitation.
Dans un monde agricole en pleine mutation, le credo est clair : « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Les agriculteurs des Hauts-de-France et de Seine-et-Marne sont appelés à faire preuve d’audace et d’innovation pour naviguer au mieux à travers les incertitudes économiques et environnementales qui les entourent.
Source : www.terre-net.fr