À LA UNE DU 9 FéV 2026

Des médecins généralistes du Lot annoncent une grève à partir du 5 janvier, craignant pour l’avenir de la Sécurité sociale

Par Hugo Clément - 4 Jan 2026, 19:09

Un préavis de grève de dix jours, allant du 5 au 15 janvier, a été déposé par une intersyndicale de médecins libéraux dans le Lot. Ce mouvement touchera divers professionnels de santé, notamment des médecins généralistes, des ophtalmologistes et des radiologues, dont les cabinets fermeront dès le début de la semaine prochaine. Les praticiens expriment leurs inquiétudes face aux récentes mesures imposées par la loi de financement de la Sécurité sociale, qu’ils considèrent comme des menaces pour leur profession et pour les soins aux patients.

À Cahors, les médecins en grève contre la loi de financement de la Sécurité sociale

La ville de Cahors verra de nombreux praticiens arrêter leur activité pour exprimer leur mécontentement à l’égard de la loi votée le 16 décembre dernier. Ce texte, selon les professionnels, institue des modifications qui nuisent à l’exercice médical et à l’accès aux soins. Les médecins craignent ainsi de devoir faire face à des contraintes croissantes concernant leur pratique, affectant directement leurs patients. « Nous nous battons pour notre liberté d’exercice », souligne Étienne Delmas, médecin à la maison de santé Les Oliviers à Lamagdelaine.

La situation soulève de vives inquiétudes concernant la Sécurité sociale. Étienne Delmas indique : « On va tout droit vers le modèle des États-Unis. J’ai vraiment peur pour la Sécurité sociale. » Cette anxiété est partagée par d’autres médecins de la région, qui dénoncent des mesures qu’ils jugent injustes.

Des mesures contraignantes : jusqu’où iront-elles ?

Parmi les points de discorde figure l’objectif national de dépenses d’assurance maladie, jugé insuffisant par les praticiens. Olivier Darreyre, médecin généraliste à Vayrac, met en avant les sanctions encourues si les médecins ne remplissent pas les exigences liées au dossier médical partagé (DMP). « Les médecins vont être considérés comme des délinquants », fustige-t-il. Une telle situation pourrait mener à des prescriptions médicales limitées, ce qui soulève des préoccupations sur la qualité des soins.

La grève s’étend à de nombreux praticiens, dont certains redoutent sérieusement de devoir renoncer à leur autonomie et à leur déontologie. « Je ne veux pas dans cinq ans devoir être salarié d’une mutuelle. Ce serait un cauchemar ! » confie Étienne Delmas.

Les conséquences pour les patients lotois

Le mouvement de grève des médecins libéraux aura directement des implications pour les patients lotois. En raison de la fermeture des cabinets, de nombreuses consultations pourraient être reportées, entraînant des désagréments pour ceux qui en ont besoin. Les praticiens, malgré leur mécontentement, prévoient d’assurer les soins urgents, mais le flou persiste quant à la disponibilité des soins courants pendant cette période de grève.

Les médecins s’estiment mal entendus par les autorités, qui prennent des décisions impactant leur pratique sans véritable concertation. « La Sécurité sociale n’est pas un sujet à traiter en politique du coup par coup », déplore Darreyre, qui insiste sur la nécessité d’un dialogue constructif pour éviter des tensions inutiles.

Pour plus de détails sur la situation des médecins dans le Lot et les raisons de leur grève, vous pouvez consulter l’article complet ici.

Au-delà des mesures immédiates, ce mouvement pourrait s’inscrire dans un schéma plus vaste, où la pérennité de la Sécurité sociale est mise en jeu. Les médecins lotois sont déterminés à défendre leurs droits, convaincus que l’avenir du système de santé tel qu’il existe actuellement dépendra des choix politique et financier à venir.