À LA UNE DU 7 FéV 2026

Mobilisation. Agriculture : La Coordination Rurale s’active de Paris à la Corrèze.

Par Hugo Clément - 9 Jan 2026, 18:41

À Brive-la-Gaillarde, un vent de colère souffle sur le monde agricole. Cette semaine, des agriculteurs et des jeunes mobilisés de la Coordination rurale, de la Confédération paysanne et du Modef ont fortement réagi aux récentes décisions du gouvernement concernant la lutte contre la maladie de la DNC (Dermatose Nodulaire Contagieuse). Les réformes envisagées, notamment l’abattage préventif des troupeaux, inquiètent profondément les éleveurs, qui n’hésitent pas à faire entendre leur voix.

Brive-la-Gaillarde : Mobilisation des agriculteurs face à la DNC et aux enjeux du Mercosur

La journée a commencé tôt pour Alexandre Clare, un agriculteur local et porte-parole de la Coordination rurale 19. Son témoignage est révélateur d’une frustration grandissante au sein de la profession. « À 4h30, j’étais au travail », confie-t-il. Face à la menace de la maladie de la DNC, il avertit : « Demain, si la DNC arrive en Corrèze, il ne faudra pas être surpris si ça se termine avec des fusils. » Une déclaration qui souligne l’angoisse des éleveurs qui craignent non seulement pour leur cheptel, mais aussi pour leur avenir économique.

La position du ministère de l’Agriculture reste claire : l’abattage est la solution jugée efficace pour éradiquer la maladie, comme cela a été fait pour d’autres épizooties. Cependant, les agriculteurs affirment que cette approche manque de compréhension envers les réalités de leur métier. « Il faut avoir assisté à un vêlage pour comprendre ce que cela représente », plaide Alexandre.

DNC et Mercosur : un double défi pour le secteur agricole

La crainte de l’abattage n’est pas la seule préoccupation des agriculteurs. Le traité du Mercosur, qui pourrait ouvrir le marché européen à des produits agricoles sud-américains moins chers, est perçu comme une menace à la souveraineté du secteur. À ce sujet, Alexandre Clare ne cache pas son indignation : « C’est se foutre de nous. Même quand la France présidait l’Union Européenne, rien n’a avancé. »

La colère est palpable, et elle n’est pas réservée qu’aux plus âgés. Des jeunes tels que Lilou Job-Ziss, 16 ans, apprentie en agriculture, se montrent tout aussi engagés. « Nous avons besoin de défendre notre avenir. La DNC et le Mercosur nous concernent personnellement », insiste-t-elle. Une génération déterminée à défendre la passion qui les unit à leurs aînés.

Naves : Rassemblement des jeunes agriculteurs pour l’avenir

Le lundi 12 janvier, un rassemblement en soutien aux agriculteurs s’est tenu à Naves, où des jeunes ont uni leurs forces avec leurs aînés pour faire entendre leur voix. Dès 8h, le rond-point de l’A20 s’est animé avec la présence des tracteurs, renforçant la solidarité entre les générations. « On a besoin de réponses pour avancer », a déclaré un participant, soulignant la nécessité d’un dialogue constructif avec les élus locaux.

Les agriculteurs brivistes, déterminés, prévoient de rejoindre le mouvement à Naves. En mobilisant des personnes de tous âges, ils souhaitent envoyer un message clair aux autorités : les solutions doivent être trouvées ensemble. « Nous avons commencé à interpeller les politiques, et nous attendons des retours », précisent-ils.

La mobilisation des agriculteurs à Brive et dans ses environs met en lumière les défis auxquels fait face le secteur, mais également la résilience et la détermination d’une profession soumise à des pressions croissantes. Comme le souligne Alexandre Clare, « on n’a pas le droit de rester sans rien faire », et les agriculteurs sont plus que jamais en quête de solutions pour protéger leurs métiers et leur avenir.

Pour des détails supplémentaires sur cette mobilisation, vous pouvez consulter l’article complet sur la vie corrézienne.