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Mécontentement des agriculteurs : « Ne cédons pas au désespoir », une intervention marquante de la Confédération Paysanne dans le Lot.

Par Hugo Clément - 10 Jan 2026, 17:37

L’actualité agricole du Lot a pris une tournure dramatique ce week-end avec une action coup de poing orchestrée par la Confédération paysanne, visant à dénoncer l’abattage systématique des bovins à cause de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Les agriculteurs se sont mobilisés lors du marché de Figeac pour exprimer leur inquiétude face à la gestion de la crise sanitaire et leurs revendications au sujet des accords commerciaux internationaux.

À Figeac, la Confédération paysanne dénonce l’abattage des bovins face à la DNC

La place Vival, lieu de rencontre du marché hebdomadaire de Figeac, a été le théâtre d’une mise en scène percutante ce samedi 10 janvier. Dénonçant l’abattage systématique de milliers de bovins, une trentaine de manifestants ont revêtu des combinaisons blanches et des masques à l’effigie de vaches pleurant du sang. Ce spectacle frappant s’inscrit dans une initiative nommée « Ne nous laissons pas abattre », qui vise à sensibiliser la population aux conséquences dramatiques de la DNC et aux choix politiques associés.

Les participants, dirigés par Adeline Garric, porte-parole de la Confédération paysanne du Lot, ont simulé l’injection mortelle à des représentations d’animaux, amplifiant l’impact émotionnel de leur message. Selon leur communiqué, plus de 3 500 bovins ont été abattus en France en raison de cette maladie, avec des conséquences économiques désastreuses pour les éleveurs.

Les chiffres alarmants de la DNC

La dermatose nodulaire contagieuse, bien que non transmissible à l’humain, a causé des dégâts considérables dans le secteur bovin. D’après les éléments communiqués par la Confédération paysanne, 117 foyers de DNC ont été identifiés depuis le 29 juin 2025, amenant à des abattages massifs. Adeline Garric a dénoncé une gestion « arbitraire » de la situation. Elle a appelé à un abattage ciblé basé sur une stratégie sanitaire de prévention, plutôt qu’à un abattage total qui condamne les éleveurs et leurs animaux.

Dans le contexte actuel, beaucoup s’interrogent : pourquoi opter pour des mesures aussi drastiques ? Les manifestants soulignent que ces décisions sont souvent influencées par des considérations commerciales plutôt que sanitaires. Le tract distribué durant la manifestation résume cette colère : « La DNC entraîne 1 à 2 % de mortalité, mais avec la gestion commerciale de l’État, c’est 100 % de mortalité. »

Les craintes face à l’accord Mercosur

En plus de la question de la DNC, la Confédération paysanne a également tiré la sonnette d’alarme sur les négociations autour de l’accord de libre-échange Mercosur. Les agriculteurs déconseillent la ratification de cet accord, qu’ils qualifient d' »obsolète et désastreux », tant pour l’agriculture que pour l’environnement. Alex Esteulle, porte-parole du syndicat, a interpelé directement les autorités sur cette question. Selon lui, le Mercosur risque d’exacerber la crise agricole en France tout en ayant des impacts néfastes pour l’environnement en Amérique du Sud.

Cette mobilisation à Figeac n’est pas un fait isolé, mais s’inscrit dans une série d’actions à travers le pays. Les représentants du monde agricole appellent à une convergence des luttes pour défendre des systèmes agricoles locaux et durables, en opposition aux injonctions des marchés internationaux.

La situation reste à suivre de près, mais il est clair que la communauté agricole du Lot, par le biais de la Confédération paysanne, n’entend pas se laisser abattre. Pour plus d’informations, consultez cet article sur La Dépêche.