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Échos du Lot : « Je n’ai plus la force » – Un éleveur d’escargots tire sa révérence et raconte son parcours.

Par - 31 Jan 2026, 17:29

Malgré une clientèle fidèle et un savoir-faire reconnu, Damien Villepondoux met fin à son activité d’héliciculteur à Cuzance, dans le Lot. Cette décision, motivée par l’absence de soutiens financiers et des pertes dues aux aléas climatiques, marque un tournant pour cet éleveur passionné.

À Cuzance, Damien Villepondoux abandonne l’élevage d’escargots face aux défis financiers

L’élevage d’escargots à Cuzance, dans le nord du Lot, perd un de ses derniers représentants. Damien Villepondoux, après six années de travail acharné, a décidé de tirer sa révérence. Malgré une clientèle stable séduite par ses produits, l’inaccessibilité des aides financières et les défis climatiques ont eu raison de sa passion. « Mon activité est trop niche pour prétendre à un soutien, je ne rentre dans aucune case », explique-t-il.

Une passion dédiée aux escargots gros gris malgré les obstacles

À son arrivée dans la ferme familiale, Damien avait de grandes ambitions : utiliser la bave d’escargot pour concevoir des cosmétiques. En six ans, sa production a bondi de 100 000 à 350 000 gastéropodes, mais les revenus générés restaient insuffisants. La période de Noël, cruciale pour son chiffre d’affaires, n’a pas réussi à compenser les pertes liées à des conditions climatiques extrêmes. « Enorme », explique-t-il, notant qu’il a perdu jusqu’à 70 % de ses stocks certaines années. La sécheresse et la grêle ont également fragilisé ses escargots, entraînant des coûts supplémentaires et des maux de tête financiers.

Les enjeux climatiques et économiques : une double peine pour l’héliciculture

Les pertes causées par la nature ne sont qu’une partie du problème. En plus des aléas climatiques, l’éleveur a dû faire face à des prédateurs comme les rats qui détruisent ses parasites. L’absence de soutien en cas de perte de récolte exerce une pression supplémentaire. « S’il gèle, les producteurs de noisettes seront remboursés. Moi, je n’ai aucune forme de protection », déplore Damien. Ainsi, les enjeux financiers et climatiques se sont révélés trop lourds à porter pour cet éleveur, forçant une prise de décision difficile mais nécessaire.

Un virage vers l’emploi salarié pour une vie plus stable

Désormais, Damien Villepondoux souhaite tourner la page de l’héliciculture. Après avoir multiplié les expériences, y compris un emploi saisonnier promouvant les produits du canard lotois, il aspire à un emploi stable. « J’ai appris beaucoup de choses, mais je dois penser à ma famille », dit-il, évoquant son enfant de 10 mois. Ses anciennes installations sont mises en vente pour rembourser ses dettes, mais il garde un espoir tenace de continuer à s’investir dans son premier amour : l’agriculture.

La fermeture de l’exploitation de Damien Villepondoux témoigne des enjeux cruciaux auxquels font face les agriculteurs du Lot et au-delà, des défis tant économiques qu’environnementaux qui menacent la pérennité d’activités pourtant riches en savoir-faire et en passion. Pour en savoir plus sur l’histoire de cet éleveur et les difficultés rencontrées par la filière, consultez les informations publiées dans cet article.