À LA UNE DU 11 AVR 2026

Son récit a failli sombrer dans l’oubli.

Par - 1 Fév 2026, 09:13

Nîmes, une ville au riche passé, est en proie à des changements qui font dire à certains habitants que certaines histoires méritent d’être ravivées. Parmi ces histoires, celle de l’ancien cinéma Le Colisée, aujourd’hui oublié, est un véritable témoin du patrimoine architectural et culturel de la préfecture du Gard.

À Nîmes, l’histoire du cinéma Le Colisée : un passé glorieux qui peine à resurgir

Le Colisée, situé à l’angle du boulevard Amiral-Courbet et de la place Gabriel Péri, est un bâtiment emblématique des années 1920. Ce lotissement a été conçu par les architectes Georges-Henri Pingusson et Paul Furiet. Leur œuvre, inaugurée en 1927, alliait commerces, bureaux, logements et une salle de spectacle pouvant accueillir jusqu’à 2 500 personnes. Doté d’une façade typique du style Art déco, Le Colisée fut, dans ses débuts, un haut lieu de la culture nîmoise et a marqué l’évolution du cinéma dans la région.

Une salle de spectacle au cœur de l’animation locale

Le Colisée a ouvert ses portes à l’époque du cinéma muet. Il a vu passer de nombreuses productions, allant des projections de films aux représentations théâtrales en passant par des concerts et des événements de cirque. Avec l’avènement du cinéma parlant dans les années 1930, le bâtiment a su s’adapter aux évolutions du septième art en s’équipant d’écrans panoramiques dans les années 50. En d’autres termes, Le Colisée n’était pas seulement un cinéma : c’était un lieu où les Nîmois venaient se divertir et se rassembler.

Toutefois, l’histoire de cet emblème nîmois a pris une tournure moins glorieuse. En 1973, l’établissement a été transformé en Le K7, avec l’ajout de plusieurs petites salles et d’une galerie marchande. Malgré ses efforts pour se réinventer, le cinéma a fermé définitivement ses portes en 1988, un coup dur pour les aficionados du cinéma d’art et d’essai.

Le déclin d’un monument historique à Nîmes

Après sa fermeture, Le Colisée a progressivement sombré dans l’oubli. Le bâtiment a connu plusieurs transformations, accueillant tour à tour des bars et des supérettes, jusqu’à ce qu’il soit inscrit aux monuments historiques en 2015. Cette reconnaissance n’a pourtant pas suffi à sauver le monument de la dégradation.

Récemment, le bar London Tavern, situé au rez-de-chaussée, a également fermé ses portes, laissant Le Colisée dans un état de décrépitude avancée. Bien qu’une résidence pour seniors ait vu le jour en 2022 à proximité, elle ne suffit pas à redonner vie à un bâtiment dont l’âme semble s’être évaporée au fil des décennies.

Nîmes doit-elle laisser Le Colisée s’effacer de sa mémoire collective ? Les conseils municipaux et les initiatives locales auront un rôle crucial à jouer dans les mois et les années à venir pour redonner une nouvelle jeunesse à ce symbole de l’Art déco et de la culture nîmoise. Une question d’identité pour tout un territoire.

Pour en savoir plus sur les défis et l’histoire de cet emblématique bâtiment nîmois, vous pouvez consulter l’article détaillé sur Actu Nîmes.

Ce regard sur Le Colisée illustre parfaitement la complexité de la conservation du patrimoine dans des villes en constante évolution. Une opportunité d’interpeller les acteurs locaux sur l’importance de préserver l’empreinte historique qui fait la richesse et l’attrait de Nîmes.