À LA UNE DU 11 AVR 2026

Disparition de Martin de La Soudière, ethnologue amoureux des paysages lozériens

Par - 1 Mar 2026, 09:02

Un grande figure de la recherche en Lozère vient de disparaître. Le 2 février dernier, Martin de La Soudière a tiré sa révérence à l’âge de 81 ans. Bien que son nom ne soit pas immédiatement reconnu par tous, cet ethnologue et géographe a marqué la région par son amour des paysages lozériens, notamment du causse de Montbel, un territoire qu’il a arpenté avec passion pendant plusieurs années.

Un voyage au cœur des paysages lozériens

Un engagement sur le terrain

Martin de La Soudière a posé ses valises en Lozère en 1973, accompagné de Philippe Bonnin, architecte, et Martyne Perrot, sociologue. Tous trois ont été envoyés par le CNRS pour mener des recherches sur le terrain. Martin a choisi de se concentrer sur le causse de Montbel, où il a exploré la vie des enfants âgés de 8 à 12 ans en dehors du cadre scolaire. Durant son séjour, il a même réalisé un film sur les jeunes de la région, cherchant à comprendre leur quotidien et leur environnement. Rosette Moulin-Martin, une Mendoise aujourd’hui enracinée dans la région, se souvient de lui comme d’un homme sensible et impliqué, qui s’intéressait profondément à la culture locale et à l’enfance. Sa curiosité pour le monde rural, notamment à travers les récits de la Bête du Gévaudan, a nourri ses travaux et ses publications.

Un chercheur passionné

La personnalité de Martin de La Soudière était aussi singulière que son parcours. Toujours discret, il savait se faire oublier pour mieux observer et comprendre. Il avait un amour particulier pour la cueillette : champignons, myrtilles, et narcisses étaient parmi ses trouvailles favorites. Malgré sa réserve, il pouvait se révéler être un orateur captivant lorsqu’il parlait de ses promenades en nature. « Il pouvait être exubérant, intarissable, théâtral », se souvient Rosette, visiblement émue par la perte de cet homme qui avait fait un lien puissant entre la nature et la culture.

Sa contribution à la littérature ethnologique est indéniable. Il a rédigé plusieurs ouvrages où la Lozère figure en bonne place, parmi lesquels Le cahier vert, journal d’un ethnologue en Gévaudan. Ce livre est un témoignage précieux de son expérience sur le terrain à Montbel. D’après les éléments communiqués, il avait même prévu de revenir en Lozère en juin 2024 pour présenter ce travail à La Livreraie à Mende, marquant ainsi un lien fort entre littérature et géographie.

Une héritage durable

La disparition de Martin de La Soudière laisse un vide dans le paysage culturel lozérien. Ses écrits, tels que Arpenter le paysage, Par monts et par vaux, et Poétique du village offrent un aperçu de sa vision et de son attachement à cette région qu’il a tant chérie. À travers ses pages, il nous invite à redécouvrir des lieux emblématiques comme Sainte-Eulalie ou le col du Cheval-Mort, lui-même étant le conducteur de ces trajets en 2 CV bleue, emblématique de l’authenticité rurale.

La Lozère perd un chercheur passionné, mais son héritage se poursuit à travers ses mots et ses œuvres, célébrant un territoire unique dont il a su capturer l’essence. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur son parcours et son impact dans la région, un article dédié sur la mémoire lozérienne est disponible pour approfondir ce sujet : selon les informations publiées dans La Lozère Nouvelle.

Ainsi, les paysages de Lozère continuent de parler de lui, témoin silencieux de son indéfectible passion pour cette terre qu’il a tant aimée.