À LA UNE DU 11 AVR 2026

Carcassonne : le maire RN, Christophe Barthès, confronté à un recours juridique contre son arrêté anti-mendicité par la Ligue des droits de l’Homme. Une décision contestée saura-t-elle résister à l’examen du tribunal administratif ?

Par - 3 Avr 2026, 13:46

L’adoption d’un arrêté anti-mendicité à Carcassonne suscite de vives réactions et une contestation judiciaire. En effet, quelques jours après la prise de fonction de Christophe Barthès, le nouveau maire Rassemblement national, cet arrêté a été mis en place pour encadrer la mendicité dans le centre-ville et la cité médiévale.

À Carcassonne, un arrêté anti-mendicité contesté par la Ligue des Droits de l’Homme

Le 30 mars 2026, Christophe Barthès a publié un nouvel arrêté municipal remplaçant celui de 2023, qui se concentrait sur les rassemblements et la consommation d’alcool dans l’espace public. Dans une vidéo marquante, le maire a affirmé que son objectif était de réglementer certaines formes de mendicité qui, selon lui, perturbent l’ordre public. Toutefois, cette mesure ne fait pas l’unanimité et a été rapidement contestée.

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a annoncé, le 3 avril, avoir saisi le tribunal administratif de Montpellier pour demander l’annulation de cet arrêté, accompagné d’une demande de référé-suspension. Ce recours fait état d’une mesure jugée « disproportionnée » tant par son périmètre que par ses horaires d’application, ce qui soulève des questions importantes sur la gestion de l’espace public à Carcassonne.

Des mesures jugées excessives par la LDH

L’arrêté en question stipule que la mendicité est interdite dans diverses situations, notamment lorsque les demandeurs de l’aide adoptent des comportements jugés agressifs ou entravent la circulation. Les lieux concernés incluent une grande portion du centre-ville, la cité médiévale ainsi que les abords de la gare. La réglementation est effective du lundi au samedi, sur une large plage horaire, notamment durant les jours de marché et les jours fériés, ce qui est contesté par la LDH. D’après l’association, ces conditions sont trop floues et créent un climat d’insécurité pour les personnes en situation de précarité.

Un des arguments avancés par la LDH repose sur le fait que Carcassonne, en tant que chef-lieu de département, renvoie la responsabilité de telles mesures au préfet et non au maire. En limitant l’espace de vie des plus vulnérables, cette politique risque de persister dans l’exclusion sociale, selon l’association. Elle souligne également l’absence de preuves tangibles justifiant un trouble à l’ordre public pour soutenir la mise en place de cet arrêté.

Un jugement imminent : quelles conséquences pour Carcassonne ?

La procédure engagée par la LDH a trois volets : le référé-suspension, qui doit permettre une décision rapide, et un recours en annulation qui se fera sur le long terme. Une décision sur la suspension de l’arrêté devrait tomber dans les quinze jours suivant la saisine. Pour ce faire, le tribunal devra apprécier l’urgence et le doute sérieux quant à la légalité de cette décision.

Le climat à Carcassonne pourrait notamment se tendre en fonction des décisions judiciaires à venir. La LDH a également mis en avant des préjugés socio-économiques, estimant que l’arrêté vise essentiellement les personnes vulnérables et contribue à leur éloignement des centres-villes. L’association cite même une décision récente du Comité européen des droits sociaux déconseillant de telles politiques anti-mendicité.

L’évaluation finale de cet arrêté municipal pourrait avoir des conséquences notables sur la gouvernance locale et la prise en compte des enjeux sociaux à Carcassonne. Pour en savoir plus sur cette affaire, vous pouvez consulter certaines analyses détaillées sur le sujet, comme celles présentées par L’Indépendant.

Cette affaire de la mendicité à Carcassonne est un exemple marquant des tensions entre politiques publiques et droits fondamentaux, et pourrait ouvrir un débat plus large sur la gestion des populations précaires dans les espaces urbains.