À LA UNE DU 27 MAI 2026

Coût, emplacement et enjeux politiques : les raisons du gel du projet d’extension du Miam à Sète.

Par Hugo Clement - 27 Mai 2026, 07:26

L’actualité culturelle à Sète prend un tournant avec l’abandon du projet de Grand Miam, initialement prévu pour le Musée International des Arts Modestes. Prévu dans un nouveau lieu plus spacieux à l’est de la ville, ce projet ambitionné est désormais écarté, au grand dam de ses partisans. Voici ce qu’il en est.

À Sète, le projet de Grand Miam abandonné : vers un avenir différent pour le Musée International des Arts Modestes

Envisagé depuis plusieurs années, le projet de déplacement et d’agrandissement du Musée International des Arts Modestes (Miam) à Sète ne sera pas mis en œuvre, du moins pas durant le mandat municipal en cours. C’est l’adjointe à la Cultura, Jeanne Corporon, qui a mis fin aux spéculations en confirmant qu’aucune nouvelle initiative ne serait prise concernant le Grand Miam, laissant le musée actuel sur son quai Maréchal de Lattre de Tassigny.

Un projet ambitieux devenu irréalisable

Le projet de Grand Miam avait pour objectif de déplacer le musée vers des locaux quatre fois plus grands, permettant ainsi d’exposer les 5 000 à 7 000 pièces de la collection qui n’ont pas pu trouver leur place jusqu’ici. À l’origine, ce déménagement devait s’inscrire dans un “pôle créatif” au sein du futur BAZR – Chai Créatif. Toutefois, le constat fait par Hervé Di Rosa, cofondateur du musée, est sans appel : la crise des subventions et un budget insuffisant rendent ce projet difficilement réalisable. Selon lui, “comment construire un musée qui coûterait 14 millions d’euros sans le soutien de mécènes ?”

Des alternatives prometteuses pour le Miam

Malgré l’abandon du projet Grand Miam, des initiatives sont mises en place pour assurer la pérennité du musée. Jeanne Corporon a annoncé qu’une exposition majeure du Miam est attendue au Chai des Moulins en 2028. Cette exposition sera une occasion de présenter des œuvres hors norme, tout en continuant à valoriser les collections actuelles du musée. En parallèle, des expositions itinérantes dans d’autres villes sont prévues, permettant au public de découvrir les trésors du Miam au-delà des frontières de Sète, comme à Montpellier et Anglet.

Un avenir à redéfinir pour la culture à Sète

La décision d’abandonner le projet Grand Miam suscite des interrogations sur l’avenir culturel de Sète. Alors que la ville souhaite maintenir un certain dynamisme culturel, l’absence de soutien financier pose une question cruciale : comment faire vivre un espace dédié à l’art dans un contexte économique difficile ? La récente candidature de Sète et Montpellier au titre de Capitale Européenne de la Culture, bien qu’ayant échoué, a illustré l’importance de projets ambitieux pour le rayonnement culturel local.

Dans le contexte actuel, la ville doit explorer des solutions innovantes pour renforcer son offre culturelle tout en respectant ses contraintes financières. Le développement d’un tiers-lieu comme le Chai des Moulins et des expositions majeures peuvent s’avérer être des moyens efficaces pour maintenir un lien avec le public et favoriser l’engagement artistique.

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Le départ de ce projet laisse un goût amer mais ouvre également la voie à de nouvelles possibilités pour le Musée International des Arts Modestes. L’avenir de la culture à Sète dépendra de la capacité des acteurs locaux à innover et à s’adapter aux réalités économiques du moment.