À LA UNE DU 13 JUIN 2026

Le parc naturel régional du Haut-Languedoc en danger de déclassification : les enjeux révélés.

Par Hugo Clement - 10 Juin 2026, 06:10

Le Parc naturel régional du Haut-Languedoc en crise : quels enjeux pour l’Hérault ?

La situation autour du Parc naturel régional (PNR) du Haut-Languedoc, qui s’étend sur les départements de l’Hérault et du Tarn, devient préoccupante au regard des projets d’installations d’énergies renouvelables. Jean Pougnet, co-secrétaire du collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement, attire l’attention sur les répercussions potentielles de ces développements sur l’environnement local et l’identité de ce parc.

Le Conseil national de la protection de la nature s’alarme pour le PNR du Haut-Languedoc

Récemment, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a exprimé des critiques à l’égard des politiques énergétiques concernant ce territoire. Dans une note adressée à la ministre de la Transition écologique, le CNPN remet en question l’avenir du PNR. En effet, avec l’atteinte imminente de la limite de 300 éoliennes imposée par l’État, de sérieux doutes émergent concernant la préservation de la biodiversité et des paysages uniques que ce parc abrite.

Jean Pougnet souligne que la mission principale d’un PNR ne devrait pas être la production d’énergies renouvelables, mais bien la protection des milieux naturels. La lettre des préfets de l’Hérault et du Tarn, relative à la réalisation de cet objectif, a été perçue comme un appel à intensifier la construction d’éoliennes.

Des inquiétudes sur la biodiversité et le paysage

Le CNPN n’hésite pas à qualifier la situation de « dérive alarmante », mettant en lumière le dilemme entre production d’énergie et préservation de l’environnement. Selon l’instance, le développement excessif des éoliennes pourrait à terme dénaturer le paysage et nuire à la flore et à la faune locales. Le risque d’impact sur la faune est particulier, notamment pour les oiseaux et les chauves-souris, déjà menacés par une telle densité de structures.

Jean Pougnet ajoute que des projets de « repowering », qui consistent à remplacer des éoliennes existantes par des modèles plus puissants, pourraient également aggraver la situation. Des machines culminant à plus de 170 mètres pourraient voir le jour, amplifiant les dangers pour les espèces protégées.

Prospective sur le photovoltaïque et les installations énergétiques

La transition énergétique dans le PNR du Haut-Languedoc ne s’arrête pas aux éoliennes. Le gouvernement prévoit également d’y installer de vastes projets de photovoltaïque. Pas moins de 900 hectares sont envisagés pour des installations au sol et agrivoltaïques. Jean Pougnet s’inquiète des conséquences que cela pourrait engendrer sur le milieu naturel, évoquant même des projets de photovoltaïque flottant sur les lacs du parc.

L’alerte du CNPN intervient alors que la nouvelle charte 2028-2043 du PNR doit être signée, suscitant des inquiétudes quant à l’accent mis sur les énergies renouvelables au détriment de la préservation des paysages. Jean Pougnet rappelle que ces transformations nécessitent une rigoureuse évaluation des impacts sur l’environnement, qui devrait guider toute initiative dans le cadre du PNR.

Le CNPN menace de reconsidérer le classement du parc

Face à ces enjeux, le CNPN a formulé des recommandations claires : pour maintenir le classement du PNR, il est crucial de réaffirmer sa mission première de protection des patrimoines et des paysages. Selon le CNPN, l’absence de prise en compte de ces impératifs pourrait conduire à remettre en question la qualité de ce parc, l’un des plus anciens de France.

En somme, la situation du Parc naturel régional du Haut-Languedoc est à la croisée des chemins, entre nécessité de transition énergétique et impératifs de préservation. Les prochaines décisions des collectivités et de l’État seront déterminantes pour l’avenir de cette précieuse région de l’Hérault.

Pour en savoir plus sur cette situation préoccupante, vous pouvez consulter l’article complet ici.