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Ă€ Sivens, un nouveau projet de retenue ravive les luttes des opposants aux barrages du Tarn

Par - 7 Jan 2025, 20:03

Depuis dix ans, le site de Sivens, dans le Tarn, est devenu le symbole d’une lutte acharnĂ©e contre les projets de barrages. Le rĂ©cent annonce d’une nouvelle retenue d’eau, d’une capacitĂ© d’environ 800.000 m3, a relancĂ© les tensions entre partisans et opposants. Alors que le maire de Lisle-sur-Tarn, Marilyn Lherm, Ă©voque l’importance de ce projet pour l’agriculture et l’environnement, les collectifs de dĂ©fense de la nature s’organisent pour faire entendre leur voix, une fois de plus.

Une mobilisation sans précédent

Le 6 janvier 2025, Ă  Gaillac, les collectifs, syndicats et associations qui s’Ă©taient opposĂ©s Ă  la construction du premier barrage se sont rĂ©unis. Cette rĂ©union rappelle les dĂ©buts de la contestation en 2011, lorsque le projet initial, d’une retenue de 1,5 million de m3, avait provoquĂ© des tensions majeures dans la rĂ©gion. Pour la maire, la nĂ©cessitĂ© de ces retenues est claire : « Bien sĂ»r : 473.000 mètres cubes pour l’agriculture, 200.000 pour le milieu, 200.000 pour l’Ă©tiage du lac. » Toutefois, les opposants dĂ©noncent une vision Ă©troite qui ne tient pas compte des impacts environnementaux.

Des inquiétudes sur la zone humide

Pour les acteurs de la protection de l’environnement, la proposition de nouveaux barrages sur la zone humide de Sivens cristallise les craintes. Axelle Patoureau de Nature et Progrès souligne : « On a dit qu’on consentait Ă  de nouveaux stockages du moment qu’ils Ă©taient en aval. » Cette insistance sur l’emplacement des retenues soulève des questions sur les vĂ©ritables besoins en eau du territoire, qui restent flous après des annĂ©es de promesses de diagnostics.

Le choix du modèle de retenue

Les dĂ©fenseurs des barrages avancent diverses options, allant d’un gros barrage Ă  plusieurs petites retenues. Cependant, Françoise Blandel de France Nature Environnement du Tarn craint que la solution la moins coĂ»teuse, celle d’une retenue de 800.000 m3, soit privilĂ©giĂ©e. « Une grosse rĂ©serve… Avec 800.000 mètres cubes, quand on divise le coĂ»t par m3, c’est le moins cher. »

Les alternatives négligées

Les critiques s’accumulent autour du manque d’analyse des besoins rĂ©els en eau. Les militants mettent en avant l’existence de 78 retenues dĂ©jĂ  en service, reprĂ©sentant 1,1 million de mètres cubes, qui pourraient ĂŞtre exploitĂ©es. Christian Pince de Lisle Environnement dĂ©clare : « Ils ne prennent pas compte plein de retenues qui existent. » Pour beaucoup, il semble Ă©vident que les dĂ©cideurs cherchent Ă  construire un barrage coĂ»te que coĂ»te, malgrĂ© les solutions alternatives proposĂ©es.

Un appel à la résistance

Face Ă  ces projets, les opposants annoncent une nouvelle dynamique de mobilisation. S’appuyant sur les rĂ©seaux sociaux et s’identifiant sous le nom de Sivens Acte 2, ils promettent de ressusciter leur lutte. Le souvenir de RĂ©mi Fraisse, jeune militant tragiquement dĂ©cĂ©dĂ© lors de la contestation prĂ©cĂ©dente, demeure prĂ©sent dans les esprits. Cela renforce l’engagement des collectifs qui, depuis 10 ans, font entendre leurs revendications.

La tension grandissante autour de ce projet Ă  Sivens et le souvenir des luttes passĂ©es incitent Ă  une rĂ©flexion profonde sur l’avenir des infrastructures et leur impact sur l’environnement. Les batailles s’annoncent rudes, et les enjeux en jeu sont considĂ©rables.