Ă€ LA UNE DU 20 AVR 2026

Bruno Retailleau prĂ©vient que le gouvernement envisagera des modifications Ă  l’aide mĂ©dicale d’État

Par - 20 Jan 2025, 12:55

Le ministre de l’IntĂ©rieur, Bruno Retailleau, a clairement indiquĂ© que le gouvernement envisage d’apporter des modifications Ă  l’aide mĂ©dicale d’État (AME). Ce dispositif, qui permet aux ressortissants Ă©trangers sans titre de sĂ©jour rĂ©gulier en France de bĂ©nĂ©ficier de soins mĂ©dicaux, est au cĹ“ur d’un vaste dĂ©bat politique, reflet des tensions autour des questions migratoires en France.

Une volonté de changement au sein du gouvernement

Lors d’une rĂ©cente intervention, Bruno Retailleau a affirmĂ© que le gouvernement doit « toucher » Ă  l’AME, soulignant que cette dĂ©cision s’inscrit dans le cadre du projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour l’annĂ©e Ă  venir. Ce repositionnement du dispositif, selon Retailleau, pourrait Ă©galement ĂŞtre influencĂ© par le rapport Evin-Stefanini, qui Ă©voquait l’AME comme un « encouragement Ă  la clandestinitĂ© ».

Les recommandations du rapport Evin-Stefanini

Ce rapport, remis fin 2023, plaidait pour un resserrement de l’AME, notamment en ajustant le panier de soins accessibles. Claude Evin et Patrick Stefanini, co-auteurs du rapport, ont mis en avant l’importance de l’AME non seulement pour la santĂ© des migrants en situation irrĂ©gulière, mais aussi pour prĂ©venir la dĂ©gradation de l’Ă©tat de santĂ© de ces individus, qui pourrait avoir des rĂ©percussions sur l’ensemble de la population. Cette perspective alimente le dĂ©bat sur la nĂ©cessitĂ© d’une aide mĂ©dicale qui soit Ă  la fois humanitaire et rĂ©aliste sur le plan Ă©conomique.

Les tensions politiques autour de l’AME

Les dĂ©clarations de Bruno Retailleau interviennent alors que la droite et l’extrĂŞme droite rĂ©clament une rĂ©duction du pĂ©rimètre de soins Ă©ligibles Ă  l’AME, voire sa disparition totale. Inversement, des partis de gauche et des membres du bloc centriste soutiennent le maintien du dispositif, soulignant l’impĂ©ratif Ă©thique de garantir un accès aux soins pour tous, peu importe leur statut migratoire.

Conséquences budgétaires de la réforme

Dans le cadre de l’examen budgĂ©taire de 2024, le SĂ©nat a approuvĂ© un retrait de 200 millions d’euros du budget de l’AME, une mesure qui souligne les tensions croissantes au sein du gouvernement sur cette question cruciale. Pour l’annĂ©e prochaine, l’AME devra composer avec un budget total de 1,3 milliard d’euros, en hausse de plus de 9 % par rapport Ă  2024.

Le débat sur le droit du sol et ses implications

Étendant le dĂ©bat sur la politique migratoire, Bruno Retailleau a rĂ©itĂ©rĂ© son souhait d’abolir le droit du sol Ă  Mayotte. Il a Ă©galement abordĂ© la question du droit du sol en mĂ©tropole, en soulignant la nĂ©cessitĂ© d’un acte volontaire pour obtenir la nationalitĂ© française, un retour aux notions d’une loi mise en place par Charles Pasqua en 1993. Ces rĂ©visions envisagĂ©es pourraient transformer profondĂ©ment la lĂ©gislation sur l’immigration et la protection sociale en France.