Les agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques défient les traditions pour Noël
À Briscous, les agriculteurs persistent et signent : un réveillon de Noël mobilisateur sur l’A64
Le 24 décembre, dans les Pyrénées-Atlantiques, une scène peu ordinaire s’est déroulée sur l’autoroute A64, où environ 200 agriculteurs de la Coordination Rurale (CR) ont décidé de passer la soirée de Noël. Plutôt que de célébrer autour d’une table familiale, ils ont continué leur mouvement de blocage en réponse aux décisions gouvernementales sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie affectant le bétail. Alors qu’ils étaient réunis sur cet axe majeur, une messe a également été célébrée pour renforcer leur solidarité.
Réveillon sous le signe du mécontentement
Les agriculteurs, qui poursuivent leur mobilisation, expriment des préoccupations profondes quant à la gestion de la crise de la dermatose nodulaire. Selon les informations publiées, le gouvernement envisage un abattage massif de bovins dans le cas où un troupeau serait contaminé. Cette mesure a suscité un fort mécontentement au sein de la profession. « On n’a toujours pas eu ce qu’on voulait », déclare Pauline Desurmont, éleveuse présente sur le blocage, soulignant l’unité et l’engagement des manifestants. Le rassemblement, bien qu’inapproprié pour une nuit de fête, souligne l’importance de leur lutte pour un avenir durable et responsable.
Une messe pour l’espoir et la solidarité
Un moment poignant de cette mobilisation a été la célébration de la messe de Noël, officiée par Don Vincent Morandi, prêtre de Biarritz. L’événement s’est déroulé sous un grand chapiteau, avec un autel improvisé sur le bitume. « Ils nous ont nourris pendant des siècles et des siècles », a déclaré le prêtre en évoquant le rôle vital des agriculteurs dans l’entretien des campagnes françaises. Célébrer la messe dans un cadre aussi inhabituel, selon lui, a été un acte symbolique fort pour montrer le soutien à une profession en détresse. Ce geste a touché les agriculteurs, renforçant le sentiment de communauté et d’égalité dans l’adversité.
Un soutien large et déterminé
La mobilisation a attiré un soutien varié, allant des chasseurs aux artisans, et même des citoyens ordinaires venus prier aux côtés des agriculteurs. David Suzanne, un éleveur participant au blocage, a souligné l’importance de montrer que leur détermination reste forte, même durant les fêtes. « C’est nécessaire de montrer qu’il n’y a pas de trêve », a-t-il ajouté. La multitude de personnes présentes témoigne de la gravité de la situation et de la détermination des agriculteurs à défendre leurs intérêts.
Avec un grand feu continuant à brûler à l’extérieur du chapiteau, symbole de leur colère persistante, les agriculteurs ne prévoient pas de lever le camp pour l’instant. Une réunion avec la préfecture est attendue ce vendredi. Les responsables espèrent qu’elle apportera des réponses concrètes à leurs préoccupations. Le réveillon de Noël sur l’A64 ne marque pas qu’une soirée atypique mais souligne une lutte pour des droits fondamentaux au cœur de la profession agricole, dans un territoire qui reste profondément attaché à son identité rurale.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter l’article original ici.