À Marminiac, un petit village du Lot, la parité au sein du conseil municipal va prendre une tournure inattendue. Actuellement, la maire Rachel French dirige une équipe composée de sept femmes et quatre hommes, mais la nouvelle loi sur la parité risque d’inverser cette tendance.
À Marminiac, la loi sur la parité bouleverse le conseil municipal
Le projet de loi sur la parité, qui s’étend aux communes de moins de 1 000 habitants lors des élections de mars prochain, vise à renforcer la représentation féminine dans les instances municipales. À Marminiac, ce chiffre est plutôt à l’avantage des femmes. L’équipe actuelle, qui compte sept conseillères, devra se réajuster pour respecter la nouvelle législation qui pourrait amener plus de candidats masculins sur les listes pour les prochaines élections.
Rachel French, maire de Marminiac depuis 2020, explique que sa liste ne visait pas une majorité féminine, mais s’est formée naturellement autour des compétences de chacun. « Je n’ai pas demandé aux gens d’être des femmes ou des hommes… Je les ai sollicités pour leurs compétences », précise la maire, faisant référence à ses démarches pour constituer son équipe.
Une équipe au féminin qui redéfinit la gestion locale
La présence majoritaire de femmes dans l’équipe a un impact direct sur la dynamique de gestion de la commune. Les réunions se déroulent de manière efficace et respectueuse des contraintes de chacun : « Nous commençons généralement à 20h et finissons rarement après 21h30 », confie Rachel French. Cela montre une volonté d’adapter les politiques locales aux réalités de la vie quotidienne, où des conseillères jonglent souvent entre responsabilités professionnelles et familiales.
Ce climat de convivialité et d’échange favorise une approche plus douce dans la prise de décisions. Caroline Cessac, conseillère, évoque une manière de travailler en somme plus collaborative, contrastant avec certains conseils municipaux plus traditionnels où la compétition et la hiérarchie peuvent prédominer.
Un changement nécessaire mais équilibré
Bien que l’équipe de Marminiac ait dû faire ses preuves dans un environnement où les préjugés persistent, Rachel French et ses conseillères ont su déjouer les attentes sceptiques. « Nous avons dû prouver notre légitimité, même parfois à la maison, où l’on s’adressait à mon compagnon plutôt qu’à moi », explique Rachel.
Pour les futures élections, cette dynamique devra évoluer. « Nous n’avons jamais voulu être un gouvernement d’Amazones », affirme Sabine Peyrié, adjointe. Les femmes reconnaissent la nécessité de combiner les forces féminines et masculines pour un conseil équilibré, notamment pour des projets techniques comme l’aménagement d’espaces publics ou l’organisation de journées participatives citoyennes.
La maire exprime son souhait de constituer une équipe diversifiée qui puisse allier compétences et inclusivité. « Cette loi sur la parité est tristement nécessaire », déclare-t-elle. Elle souligne que la diversité est enrichissante et que cette demande d’équité n’est pas synonyme de domination, mais d’équilibre.
Marminiac illustre ainsi un cas unique où la loi sur la parité, bien que nécessaire pour rectifier une injustice sociétale, doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur la complémentarité des compétences en fonction des genres. En créant une synergie entre hommes et femmes, le village de Marminiac pourrait devenir un modèle de gouvernance locale plus inclusive.
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