À LA UNE DU 11 AVR 2026

Le Snes-FSU met en lumière la « méconnaissance » du rôle des assistants d’éducation dans l’Aude.

Par - 4 Fév 2026, 18:47

L’Aude est à nouveau au cœur d’une polémique concernant les assistants d’éducation, dont le statut et les perspectives de carrière suscitent l’inquiétude des syndicats. Alors que près de 400 AED exercent dans le département, le syndicat Snes-FSU met en lumière le flou qui règne autour des conditions de travail et des évolutions professionnelles de ces personnels indispensables au bon fonctionnement des établissements scolaires.

À Carcassonne, le Snes-FSU appelle à clarifier le statut des assistants d’éducation

Des CDD à CDIs : un parcours semé d’embûches dans l’Aude

En Aude, environ 400 assistants d’éducation sont en service, dont 70 en contrat à durée indéterminée (CDI). Selon le Snes-FSU, la transition des contrats à durée déterminée vers des CDI soulève des questions non résolues. Patrick Borde, référent des questions sur les AED pour le syndicat, exprime son alarmisme : « Rien n’est prévu pour les AED en CDI, il n’y a pas de grille de salaires. » Ce manque de structure and de reconnaissance se ressent dans le quotidien des assistants, qui perçoivent le minimum de la fonction publique, indexé sur l’inflation.

Charlie Boudoux, un AED avec dix ans d’expérience, partage son incredulité : « Il devrait y avoir des évaluations tous les trois ans, mais cela n’a pas lieu. On est un peu invisibilisé. » Ce constat révèle une réalité préoccupante : alors que les assistants d’éducation sont confrontés à des missions de plus en plus variées et complexes, leur statut semble peu évoluer.

Injustices et inégalités salariales : les AED de l’Aude en première ligne

Le discours des représentants syndicaux met également en exergue des inégalités territoriales en matière de rémunération. « D’une académie à l’autre, les salaires ne sont pas les mêmes », souligne Caroline Thomas, autre représentante du Snes-FSU. L’absence de critères clairs pour la rémunération contribue à un sentiment d’injustice chez les AED, qui se sentent souvent démunis face aux exigences croissantes de leur métier.

La formation des AED constitue aussi un point de friction. Leurs missions évoluent, notamment avec l’augmentation des cas de harcèlement à l’école. « Il n’y a pas de formation alors que les problématiques de notre métier évoluent », déclare Boudoux, posant la question cruciale de la préparation de ces professionnels face à des défis contemporains dans le milieu scolaire.

Inspecter et évaluer : une exigence de visibilité pour les assistants d’éducation

Les assistants d’éducation jouent un rôle fondamental dans la vie scolaire, en surveillant les élèves, en suivant l’absentéisme et en gérant l’internat. Ils sont souvent décrits comme un « maillon essentiel » au sein des établissements. « Ils ont une connaissance fine des élèves et un impact sur le climat scolaire », insiste Patrick Borde. La perte d’un AED est caractérisée par une démarcation nette dans la dynamique de l’établissement scolaire.

Malgré ce rôle crucial, le Snes-FSU déplore le manque de reconnaissance et la faiblesse de la communication entre le rectorat de Montpellier et les AED. Les espoirs de « cdisation » après six ans de service sont entachés par des processus obscurs, peu clairs et inégalement appliqués. Les AED dépourvus d’informations doivent naviguer à travers une bureaucratie opaque, ce qui ne fait qu’accentuer leur sentiment d’invisibilité.

Pour plus d’informations sur cette problématique, vous pouvez consulter l’article ici.

Les assistants d’éducation dans l’Aude s’imposent ainsi comme un sujet d’intérêt public, un appel à la réflexion pour une meilleure structuration de leur statut et de leurs conditions de travail.