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Souvenirs de Lozère : Langogne, le 15 juillet 1944, trois habitations réduites en cendres par les Allemands

Par - 27 Fév 2026, 15:09

Le 12 juillet 1944 restera à jamais gravé dans la mémoire des Langonais. En cette journée tragique, un acte de résistance a été suivi de représailles brutales. Les échos de cet événement résonnent encore aujourd’hui dans le cœur de cette petite ville de Lozère.

La révolte des supplétifs arméniens à Langogne

Le contexte de cette mutinerie est particulièrement tendu. Les supplétifs arméniens de l’Ost Légion, alors sous le joug des troupes allemandes, ont décidé de rejoindre la Résistance. Ce soulèvement, qui témoigne courageusement de la lutte pour la liberté, a entraîné une réaction sans précédent de l’occupant, rendant Langogne le théâtre de violences inouïes. D’après les informations publiées, un coup de feu a été tiré sur des véhicules allemands circulant sur le boulevard Pétain, aujourd’hui boulevard de Gaulle.

Ce geste héroïque n’a pas manqué d’affoler les forces d’occupation. Le capitaine Meyer-Berge a alors exigé dix otages pour tenter de rétablir l’ordre. Dans l’après-midi, la décision de brûler trois maisons est alors prise par le colonel Von Bassompierre, une décision qui illustre la stratégie de terreur adoptée par l’occupant pour dissuader toute forme de rébellion.

Des familles déplacées, des vies bouleversées

Les maisons sélectionnées pour l’incendie appartenaient à des familles locales, touchant ainsi directement la population langonaise. Le premier bâtiment ciblé fut celui du 9 boulevard Pétain, où vivaient la famille Bélinay ainsi que des locataires, tandis qu’un bazar tenu par la veuve Dumas était également sinistré. Le désespoir s’est ensuite abattu sur la rue Conturie, où la maison de la famille Pagès, ainsi que le restaurant du locataire Louis Olivier, furent également emportés par les flammes.

Pour couronner le tout, le feu ne s’arrêta pas là. La maison voisine, située au numéro 11, fut touchée, et le bilan final de cette opération militaire se solda par quarante-trois personnes affectées, laissant des familles dans la détresse et mettant une partie de la ville à genoux. Les habitants de Langogne, bien que sceptiques face à la réalité de la violence pendant cette période, prirent pleinement conscience de l’horreur qui venait de se dérouler.

Retrouver une mémoire commune

Ce chapitre sombre de l’histoire de Langogne a été documenté avec soin par Gérard Lutaud, dont les recherches récentes ont fait émerger des faits jusqu’alors méconnus. En juin 2023, il a révélé que le coup de feu en question avait réellement été tiré depuis les greniers du collège des Frères, apportant un éclairage nouveau sur les événements de cette journée tragique.

Ce travail de mémoire est crucial, non seulement pour honorer les victimes, mais aussi pour rappeler aux générations futures l’importance de la résistance face à l’oppression. En préservant ces récits, Langogne s’engage à ne jamais oublier son passé et à transmettre ces leçons aux jeunes générations.

Les événements du 12 juillet 1944 continuent ainsi de marquer l’identité de Langogne, renforçant le rôle de cette ville en tant que symbole de la lutte pour la liberté. Pour en savoir plus sur cette période de l’histoire locale, n’hésitez pas à consulter l’article source disponible ici.

Langogne est donc davantage qu’une simple commune de Lozère, elle est le témoin d’un passé où chacun a dû choisir entre soumission et résistance. Ce choix, bien que douloureux, façonne aujourd’hui l’identité de ses habitants et leur rapport à l’histoire.