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La 6e édition de la transhumance hivernale en vallée du Célé touche à sa fin.

Par - 24 Mar 2026, 09:14

Après trois mois d’un séjour pastoral enrichissant à Espagnac-Sainte-Eulalie, un important troupeau de brebis limousines, placé sous la conduite de bergers de Haute-Corrèze, s’apprête à prendre la route pour son plateau d’origine. L’événement, qui mêle tradition et adaptation moderne, marque la fin d’une transhumance hivernale unique en vallée du Célé.

Transhumance hivernale : les brebis de Haute-Corrèze quittent Espagnac-Sainte-Eulalie pour le plateau de Millevaches

Les bergers Fabrice Méhrand et Lise Rolland, assistés de Michael Nordberg, éleveur de Creuse, ont apporté leur savoir-faire pastoral à la vallée du Célé durant l’hiver. Ce 28 mars 2026, ils regagneront le plateau des Millevaches, mettant ainsi un terme à une saison de pâturage fructueuse. Ce déplacement de troupeau est la sixième transhumance hivernale pour ce duo expérimenté, qui a solidifié une relation de travail avec leur ami Michaël Nordberg.

Une pratique ancestrale au cœur de l’innovation pastoral dans le Lot

Depuis 2021, Fabrice et Lise ont adopté un système pastoral transhumant, une pratique qui consiste à déplacer le bétail dans des zones où la ressource alimentaire est plus abondante pendant les mois d’hiver. « Notre mission concerne le bien-être des animaux et l’exploitation durable des ressources naturelles », explique Fabrice. Le concept repose sur une compréhension intime des cycles de croissance des herbes et des besoins des animaux, ce qui témoigne de l’importance grandissante de telles pratiques dans le paysage agricole local.

Les brebis, au nombre de 600 cette année, ont bénéficié de pâturages diversifiés dans la vallée. Elles ont d’abord été installées sur des parcelles au sud de Sainte-Eulalie, riches en oléagineux et légumineuses, avant de faire halte à Espagnac, où les ressources pastorales étaient tout aussi attrayantes.

Un accueil chaleureux et une intégration réussie dans le tissu local

Michael Nordberg, qui a pris part à cette expérience pour la première fois, souligne l’accueil chaleureux qu’il a reçu dans la région. Logé près du Foyer Associatif Rural à Marcilhac, il a savamment orchestré ses tâches avec Fabrice et Lise, renforçant ainsi les liens amicaux et professionnels. « C’est un défi, mais aussi une belle opportunité d’apprendre et d’échanger des connaissances », affirme-t-il.

Cette approche collaborative du pastoralisme, centrée sur l’humain et le relationnel, fait écho à une dynamique locale forte, notamment en matière de valorisation du terroir et des savoir-faire. « Le département du Lot sait tirer parti de ses ressources pastorales, ce qui contribue à la pérennité de notre métier », souligne Lise, en écho à la volonté de maintenir une tradition vivante et respectueuse de l’environnement.

La biodiversité et le bien-être animal, des priorités essentielles

Durant leur séjour, les éleveurs ont veillé à offrir à leurs brebis un environnement optimal, favorisant leur santé et leur bien-être. Les conditions climatiques pendant l’hiver 2026, après un été chaud, ont contribué à la couverture herbagère, garantissant une alimentation de qualité pour les animaux. « Les brebis sont calmes et en bonne santé, signe d’un pâturage approprié », précise Michaël.

Cet amour pour la nature et le souci de la biodiversité peuvent jouer un rôle central dans les futures politiques agraires. Avec des pratiques tel que celle-ci, les éleveurs locaux démontrent qu’il est possible d’allier tradition, respect de l’environnement et viabilité économique.

Ainsi, à l’aube de cette nouvelle saison de pâturage, c’est un retour vers des pratiques durables que les bergers de Haute-Corrèze s’apprêtent à effectuer, tout en laissant derrière eux des paysages de vallée du Célé empreints de leur savoir-faire séculaire.

Pour en savoir plus sur cette transhumance et ses enjeux, vous pouvez consulter l’article complet ici.