Cahors, au cœur du Lot, se prépare à accueillir ce vendredi 3 avril, à 18h30, une assemblée générale cruciale pour les chasseurs du département. Sous l’égide de Michel Bouscary, président de la Fédération départementale des chasseurs du Lot, cette réunion vise à dresser un bilan de la saison écoulée, marquée par une prolifération inquiétante des sangliers et une baisse continue du nombre de chasseurs.
Sangliers et chasse : ce qui change pour Cahors et le Lot en 2024
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec 11 500 sangliers abattus lors de la saison 2024-2025, le Lot se positionne en tête des départements français en matière de prélèvements de gibier. Cette situation soulève des préoccupations pour les agriculteurs locaux, car ces animaux causent d’importants dégâts sur les cultures, notamment le maïs, le tournesol et le safran. Michel Bouscary souligne : « Il y a une forte population de sangliers dans le département. Une vraie mobilisation des chasseurs est nécessaire. »
Les dégâts des grands cervidés sur les cultures lotoises
Outre les sangliers, les chevreuils et les grands cervidés, comme les cerfs et les biches, sont également préoccupants. Les prélèvements de chevreuils sont stables autour de 10 000, mais ces animaux causent des dommages considérables sur les vignes, particulièrement dans le contexte de la crise viticole actuelle. Selon Bouscary, les agriculteurs ressentent de plus en plus le besoin de l’appui des chasseurs face à cette situation grandissante.
Les grands cervidés, quant à eux, colonisent progressivement le département, avec 400 individus abattus durant la saison, un chiffre en forte progression par rapport aux années précédentes. « Ils arrivent par le Cantal et la Bouriane, et il n’est plus rare de voir des cerfs dans nos campagnes », remarque le président de la Fédération.
Une indemnisation record face aux dégâts causés
Les dégâts causés par le gibier ne sont pas à prendre à la légère. Sur la saison 2024-2025, la fédération a dû débourser 610 000 euros pour indemniser les dommages, un montant record qui pourrait encore augmenter. « C’est la plus haute ardoise d’indemnisation jamais connue », indique Michel Bouscary. La situation est d’autant plus préoccupante que la fédération se retrouve à indemniser les agriculteurs pour les dégâts causés par le grand gibier, une responsabilité qui commence à peser lourd sur les finances.
Les discussions au niveau national deviennent alors cruciales. Bouscary rapporte que les fédérations de chasse et les syndicats agricoles dialoguent avec le gouvernement pour trouver des solutions durables. « Si le nombre de chasseurs continue de diminuer, nous aurons moins de prélèvements, et donc plus de sangliers et encore plus de dégâts », explique-t-il, ce qui pourrait entraîner une spirale financière insoutenable pour la fédération.
Baisse des permis : un défi pour le futur de la chasse dans le Lot
Un autre point inquiétant évoqué par Michel Bouscary est la diminution du nombre de permis de chasse délivrés dans le Lot. Pour la saison 2024-2025, seulement 5 900 permis ont été accordés, soit 130 de moins que l’année précédente. « Bien que nous ayons accueilli 150 nouveaux chasseurs, la tendance est tout de même à la baisse », précise-t-il. À l’échelle nationale, le constat est similaire avec une diminution de 25 000 chasseurs.
Les raisons avancées pour expliquer cette situation sont diverses : l’âge des chasseurs, le coût de la pratique, et un manque de temps. L’évolution démographique du territoire, avec l’arrivée de néoruraux, semble également influencer cette dynamique, car ces nouveaux habitants ne pratiquent pas nécessairement la chasse.
La fédération doit donc se mobiliser pour enrayer cette décroissance et préserver l’activité cynégétique dans le Lot. Une priorité essentielle pour éviter que la balance entre les populations de gibier et les cultures ne penche définitivement vers la catastrophe.
Pour plus de détails sur la situation des chasseurs dans le Lot, vous pouvez consulter cet article sur La Dépêche.