À Estillac, la crise du carburant affecte les stations-service et leurs clients. Les gérants, confrontés à des livraisons réduites et à une flambée des prix dans le secteur, s’organisent tant bien que mal pour faire face à cette situation inédite.
Carburant à Estillac : une pénurie qui perturbe les stations-service
Depuis le début de la semaine dernière, la situation est tendue à Estillac, en Lot-et-Garonne, avec des stations-service qui peinent à répondre à la demande. La flambée des prix et une logistique mise à mal mettent à mal les gérants, qui doivent fermer leurs établissements ou réduire leur offre. Jean-Marie Scié, patron d’une station adaptée aux poids lourds, a ainsi été contraint de fermer ses portes. « Depuis vendredi, je n’ai plus de carburant. Le livreur ne vient plus qu’une fois par jour au lieu de deux, et avec les prix maintenus bas chez Total, nos clients se dirigent vers les supermarchés », explique-t-il.
Cette rupture de stock et la décision de fermer temporairement visent à ne pas pénaliser les clients fidèles, notamment les transporteurs souvent dépendants d’un service régulier. Une réalité qui suscite incompréhension et inquiétude chez les gérants, face à une situation que beaucoup jugent inédite.
Un afflux de clients face à une offre limitée
À quelques kilomètres de là, la station Total Pejean, située à Bias, a également été submergée par les demandes. Selon les déclarations de ses responsables, la journée de vendredi a été marquée par un afflux intense de clients entre 6 heures et 19 heures. En conséquence, la station a rapidement épuisé son stock de gazole et d’essence, ne pouvant fournir que du GPL ou du GNR. « Nous avons prévenu que notre pompe n’était pas accessible, mais les gens continuent de venir en masse en espérant trouver du carburant », déclarent-ils.
Malgré ces désagréments, les gérants insistent sur le fait qu’il n’y a pas véritablement de pénurie dans le secteur. D’après les éléments communiqués, les livraisons normales devraient reprendre dès mardi, mais la situation est déjà tendue et affecte la confiance des automobilistes. Pour certains, ces hausses de prix et l’incertitude qui s’ensuit engendrent un climat de peur.
Une crise aux répercussions inquiétantes pour la profession
L’angoisse est palpable dans la profession, et la situation actuelle risque d’avoir des conséquences à long terme. Pour Jean-Marie Scié, même en période de crise, il n’avait jamais observé une telle hausse des tarifs. « Cela engendre de la peur et porte tort à toute notre profession », souligne-t-il. Les gérants de stations-service s’inquiètent des effets de cette situation sur leur activité ainsi que sur celle des clients qui, dépendants d’un approvisionnement fiable, pourraient changer d’habitude.
Avec le maintien des prix bas dans certaines grandes surfaces, le comportement des clients évolue. Cette dynamique crée un cycle où les stations-service traditionnelles se trouvent progressivement mises à l’écart. Pour les professionnels du secteur, cette crise pourrait bien dessiner un nouveau visage des habitudes de consommation en termes de carburant.
Pour rester informé des dernières évolutions dans le secteur et suivre les mises à jour concernant la situation à Estillac, consultez les informations publiées sur Sud Ouest.