À LA UNE DU 13 AVR 2026

Entretien inédit : « Dans le Lot, la cocaïne rivalise avec le cannabis en matière de trafic »

Par - 13 Avr 2026, 06:17

Dans le département du Lot, la consommation de cocaïne connaît une hausse inquiétante, témoignant d’une évolution préoccupante du paysage des drogues. Morgane Raffy, vice-procureur au Tribunal judiciaire de Cahors, s’est récemment exprimée sur ce phénomène, révélant des enjeux clés concernant le trafic et l’usage de cette drogue dans la région.

À Cahors, l’essor du trafic de cocaïne : une réalité inquiétante pour le Lot

Depuis 2022, le Lot fait face à une montée progressive de la consommation de cocaïne, qui semble désormais rivaliser avec celle du cannabis. D’après Morgane Raffy, « en termes de trafic, la cocaïne égale le cannabis », une affirmation qui met en lumière l’évolution des comportements au sein de la population.

Selon l’Observatoire français des drogues et des conduites addictives, près de 9,4 % des individus âgés de 18 à 64 ans en France ont déjà expérimenté la cocaïne. Dans le Lot, cette tendance se ressent particulièrement dans les agglomérations, notamment à Cahors et Figeac, où les saisies et infractions liées à cette drogue sont en nette augmentation. L’essor du trafic de cocaïne touche une large partie de la population, allant des jeunes aux adultes, ainsi que toutes les classes socioprofessionnelles.

Une consommation en hausse parmi toutes les classes sociales

L’impact de cette consommation ne se limite pas aux milieux urbains. Bien que les zones rurales soient moins exposées, des cas d’usage de cocaïne commencent à apparaître. Morgane Raffy souligne que la cocaïne est désormais présente même dans les campagnes, surmontant l’idée que seuls les milieux urbains étaient concernés par ce phénomène. Le trafic est de plus en plus diversifié, et la cocaïne commence à s’installer comme un produit de consommation courante.

Les autorités judiciaires locales, comme le parquet de Cahors, intègrent la lutte contre ce phénomène comme une priorité. Avec 35 % de démantèlements de trafics en hausse par rapport aux années précédentes, l’action des forces de sécurité a été facilitée par une coordination efficace entre la police et la gendarmerie. En 2025, par exemple, 32 kg de stupéfiants ont été saisis, incluant de la cocaïne, des résines de cannabis, et d’autres drogues.

Des initiatives de sensibilisation face à un trafic organisé

La lutte contre le trafic de cocaïne ne se limite pas seulement à des actions répressives. Morgane Raffy expose également que la sensibilisation à la consommation de stupéfiants est essentielle pour combattre ce phénomène. Des opérations ont été réalisées dans les écoles et les milieux sportifs afin d’informer les jeunes des dangers liés à la consommation de cocaïne.

Les autorités s’attellent à un changement de mentalité face à la drogue: un défi de taille, compte tenu de la banalisation croissante de certaines substances. Le parquet de Cahors collabore avec divers partenaires pour organiser des initiatives de prévention et sensibiliser le public aux risques liés à la consommation, notamment à travers des stages de sensibilisation pour les primo-consommateurs.

En conclusion, l’essor du trafic de cocaïne dans le Lot, et plus particulièrement à Cahors, soulève des questions cruciales quant à l’évolution des comportements face à la drogue. Si des efforts significatifs sont mis en œuvre pour endiguer ce phénomène, le défi reste immense. Les initiatives de sensibilisation associées à une lutte judiciaire renforcée sont plus que jamais nécessaires pour prévenir les conséquences sur la santé publique et la sécurité des citoyens. Pour en savoir plus, consultez les informations publiées par le media source.