À LA UNE DU 16 AVR 2026

Urgente nécessité de réguler la production dès la prochaine récolte : l’arrachage s’impose dans l’Aude

Par Hugo Clément - 16 Avr 2026, 09:48

L’Aude mobilisée pour l’arrachage des vignes : un enjeu crucial d’ici 2026

Les vignerons de l’Aude se trouvent à un tournant décisif alors que la validation européenne pour l’arrachage des vignes devient une question d’urgence. Selon les informations publiées, les autorités du secteur viticole craignent que l’absence d’approbation n’engendre des conséquences néfastes sur la récolte de 2026.

À Narbonne, l’arrachage des vignes : une priorité pour les viticulteurs de l’Aude

Avec 4 500 hectares de vignes inscrits pour un arrachage partiel ou définitif, le syndicat des vignerons de l’Aude appelle à une action immédiate. Le président du syndicat, Damien Onorre, souligne que sans la validation officielle, ces vignes pourraient rester en production, rendant l’objectif de régulation du marché impossible. « Nous avons déjà enregistré les parcelles concernées depuis l’annonce du paquet vin le 19 mars », affirme-t-il.

La situation est d’autant plus pressante que, malgré le besoin urgent d’ajuster l’offre, le ministère de l’Agriculture a perdu trois semaines pour envoyer la notification de ce dispositif à l’Europe. Cette information a été reçue avec inquiétude alors que la croissance des vignes bat son plein. « Il y a urgence maintenant, tant pour la régulation des volumes dès le millésime 2026 que pour cette prime d’arrachage de 4 000 €/ha », insiste Damien Onorre.

Une prime d’arrachage vitale pour les jeunes vignerons

La prime d’arrachage est particulièrement cruciale pour les jeunes viticulteurs, comme en témoigne Julien Faure, vice-président des Jeunes Agriculteurs de l’Aude. « Pour nous, les plus jeunes installés, cette prime représente un soutien essentiel dans notre démarche de restructuration », explique-t-il, mettant en avant les défis financiers liés à la viticulture en ce moment.

Les impacts de la guerre en Ukraine et des conflits au Moyen-Orient entraînent déjà une hausse significative des coûts de production, rendant cette prime d’arrachage d’autant plus nécessaire pour accueillir les futurs changements du marché. « Il est crucial que nous puissions compter sur un financement sûr avant de lancer ces travaux », ajoute Onorre.

Incertitude et nécessité d’une réaction rapide

La situation actuelle est suffisament floue pour que le syndicat ne recommande pas de commencer les travaux d’arrachage tant que la notification européenne n’est pas confirmée. « Tous les préparatifs sont en place côté FranceAgriMer, mais tant que le financement ne sera pas verrouillé, il est trop risqué d’avancer », note Onorre.

Le contexte est d’autant plus complexe que la France est le seul pays européen à convoquer un dispositif d’arrachage, contrairement à l’Espagne et l’Italie. De plus, l’UE a des hésitations quant aux impacts de cette mesure sur ses accords commerciaux, notamment avec le Mercosur. « Les répercussions sur la filière viticole pourraient être négatives si cette mesure est perçue comme un obstacle à de nouvelles ouvertures de marché », souligne Onorre.

Face à ces incertitudes, les viticulteurs audois s’inquiètent également des problèmes sanitaires qui pourraient découler de l’absence de traitement des vignes désignées pour l’arrachage. « Les sols ont pu sécher, limitant les risques de mildiou pour l’instant, mais ces friches à venir représentent des foyers de maladies potentielles que nous préférerions éviter », conclut Damien Onorre.

Alors que le compte à rebours vers 2026 s’accélère, les vignerons de l’Aude restent mobilisés pour obtenir l’aval européen qui leur permettra de relancer leur secteur avec confiance. Pour plus de détails sur cette problématique, consultez l’article sur Vitisphère.