À LA UNE DU 2 JUIN 2026

Au Salon de l’Agriculture, les producteurs lorrains expriment leur désarroi malgré les distinctions remportées.

Par Hugo Clement - 28 Fév 2026, 11:38

Le Salon de l’Agriculture de Pont-à-Mousson : Un Échec Retentissant

Le dernier Salon de l’Agriculture s’est tenu à Pont-à-Mousson, et les retours des exposants sont inquiétants. Entre l’affluence décevante, l’absence notable de certaines mascottes animales et un emplacement contesté, l’événement semble être sur une pente glissante.

La fréquentation du Salon de l’Agriculture à Pont-à-Mousson : un effondrement alarmant

Pour la 62e édition du Salon de l’Agriculture, Pont-à-Mousson ne fait pas exception : la fréquentation a chuté de 25 %, un signal fort de l’angoisse qui règne parmi les exposants. Selon les chiffres avancés par certaines sources, certains agriculteurs parlent d’une baisse des chiffres d’affluence qui pourrait atteindre jusqu’à 70 % par rapport aux éditions précédentes.
Les producteurs n’hésitent pas à qualifier cette année de « catastrophique ». Les témoignages de professionnels, présents depuis des années, confirment un benchmark alarmant. Régis Bouillon, représentant des Brasseurs de Lorraine, n’y va pas par quatre chemins : « C’est la pire édition que j’ai connue en vingt ans de présence. »

Un déplacement malheureux et une ambiance morose

Cette année, les producteurs lorrains ont été relégués à un emplacement moins accessible, à l’étage du pavillon 7, loin de l’entrée principale. Josette Grojean, spécialisée dans les madeleines de Commercy, fait part de son désarroi : « On a l’impression d’avoir été mis au bout du bout. » Cette redistribution des espaces, prolongée par des travaux dans le hall 3, a entraîné une baisse conséquente de la circulation des visiteurs. Les exposants ont observé une diminution significative des interactions avec les consommateurs, d’autant plus accentuée par la crise de la dermatose nodulaire, entraînant l’absence de vaches, des attractions essentielles dans ce type d’événement.

Plusieurs exposants rapportent que, non seulement la fréquentation a diminué, mais que même les horaires d’affluence habituels se sont éclipsés. Eric Lamaze, un autre participant du secteur, témoigne d’une ambiance morose : « Aujourd’hui, il n’y a presque plus personne. »

Des conséquences économiques dévastatrices

Les retombées économiques sont catastrophiques pour les exposants. En effet, William Delfin, boucher à Pulligny, ne cache pas sa déception : « Sur une foire en Lorraine, je fais 1 000 pâtés par jour, là j’en fais 250. » Avec un budget de 8 400 euros pour neuf jours de salon, il fait le calcul et jure de ne plus revenir. Cette frustration se généralise, car beaucoup d’exposants voient leur activité menacée.

D’après les chiffres et les témoignages, cette année, le salon semble avoir perdu non seulement des visiteurs, mais aussi l’essence de ce qui a fait sa popularité. Certains exposants expriment leur souhait de mieux investir leurs ressources, préférant les événements locaux où l’affluence reste plus favorable.

Pour aller plus loin sur cette question cruciale pour les producteurs locaux, consultez l’article complet sur le Salon de l’Agriculture à Pont-à-Mousson.

Dans l’incertitude ambiante, les producteurs espèrent néanmoins que leur participation pourra rebondir l’année prochaine, mais les doutes persistent. Les médailles remportées ne suffisent pas à compenser la perte de chiffre d’affaires. Seule une vraie réflexion sur la mise en œuvre de cet événement pourrait redonner un souffle nouveau au Salon de l’Agriculture à Pont-à-Mousson.