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« Malgré des prix élevés, l’asperge du Lot-et-Garonne continue d’attirer les gourmets »

Par - 17 Avr 2026, 20:48

L’asperge du Lot-et-Garonne : Un légume en danger mais toujours apprécié

À Anzex, la culture de l’asperge face aux défis de l’avenir

À Anzex, village typique du Lot-et-Garonne, l’asperge constitue un enjeu tant économique que culturel. Denis Lagleyre est un des derniers producteurs de ce légume printanier dans la région. Sur une exploitation familiale, il cultive ce produit délicat sur 1 à 2 hectares. Cependant, la pérennité de cette culture est menacée par plusieurs défis, notamment le manque de main-d’œuvre disponible pour la récolte.

Une récolte délicate à la main

La méthode de récolte de l’asperge restreint son mécanisme. En effet, la taille manuelle est essentielle : « La récolte ne peut pas être mécanisée. C’est un travail technique et physique », témoigne Denis Lagleyre. Armé d’une gouge, il doit se plier en quatre pour récolter chaque asperge avec soin. Ce travail est d’autant plus périlleux que l’asperge est sensible aux variations climatiques. En fonction des conditions météorologiques, les producteurs doivent développer un véritable marathon de travail, entre débâchage, nettoyage et conditionnement.

Frédérique, sa femme, joue un rôle crucial en s’occupant de la vente et de la préparation des asperges pour les marchés. Leur enthousiasme pour le produit se ressent auprès d’une clientèle fidèle, ravie de retrouver ce premier légume du printemps, malgré ses prix oscillant de 6 à 10 euros le kilo. « Les gens l’attendent avec impatience », précise Didier Lagleyre, qui regrette que les coûts élevés de production ne soient pas reflétés dans le prix de vente.

Des défis de rentabilité pour les exploitants

Le cas de Denis Lagleyre illustre bien un phénomène plus large dans la région. Sylvain Da Dalt, un agriculteur voisin, admet : « L’asperge demande beaucoup d’investissement et de travail – il faut y être six jours sur sept. » En cultivant 20 hectares avec une visée d’expansion, il fait face à des enjeux similaires. Alors que leurs enfants manifestent de l’intérêt pour poursuivre l’exploitation familiale, cela reste un pari risqué dans un marché de plus en plus exigeant.

Les coûts élevés des intrants, tels que les engrais et le travail, compliquent la situation. « Si on faisait suivre les prix au coût des intrants, cela serait hors de prix », remarque Denis, soulignant la fragile rentabilité de cette culture face à des exigences croissantes en matière de qualité et de prix.

Un avenir incertain mais enthousiasmant

Malgré ces adversités, les exploitants sont déterminés à maintenir la tradition de l’asperge dans le Lot-et-Garonne. Tels des artisans, ils façonnent leurs produits avec soin et passion, tout en restant attentifs aux demandes croissantes du marché. La vente en direct et les marchés constituent des moments clés pour les producteurs, leur permettant de développer un lien authentique avec leur clientèle.

La prochaine Fête de l’asperge, qui mettra à l’honneur cette culture locale, ravira les amateurs, et reste pour ces producteurs l’occasion de partager leur savoir-faire avec le public. « C’est une fierté de s’entendre dire ‘on se régale’ », conclut Sylvain, un témoignage de la résilience et de l’amour des producteurs pour leur art.

Pour en savoir plus sur les défis auxquels fait face la culture de l’asperge dans le Lot-et-Garonne, consultez les informations publiées sur Sud Ouest.