La saison des cerises commence plus tôt cette année dans le Lot, avec des récoltes anticipées d’une dizaine de jours. Baptiste Fourniols, un producteur de Castelnau-Montratier, combine savoir-faire traditionnel et innovations techniques pour préserver cette culture emblématique.
À Castelnau-Montratier, la cerise se récolte avec passion et savoir-faire
Dans les vergers de Castelnau-Montratier, les cerises commencent à rougir sous les bâches blanches. Baptiste Fourniols, producteur local, observe une avancée significative de la saison ce printemps, témoignant d’une dynamique qui serait bien plus qu’une simple coïncidence météorologique. « Avant, nous débutions vers le 15 ou le 20 mai, mais là, nous sommes déjà en pleine récolte autour du 5 mai, » explique-t-il. La cerise, pour Baptiste, est bien plus qu’un fruit : c’est une histoire familiale qui se transmet depuis des siècles.
Ce jeune agriculteur assure l’héritage d’une lignée de producteurs de cerises. « Ça fait plus de 300 ans qu’on est là. J’ai grandi ici, au milieu des cerisiers. » En effet, l’exploitation familiale de Baptiste est animée par une équipe soudée : ses parents et sa femme l’accompagnent dans cette aventure, avec une trentaine de saisonniers qui viennent prêter main forte durant la récolte.
Un savoir-faire rare et nécessaire pour la production de cerises
Les cerises du Lot sont un produit de niche ; le nombre de producteurs peut se compter sur les doigts d’une main. « Nous sommes une dizaine, tout au plus, » précise Baptiste. Cultiver des cerises n’est pas à la portée de tous : cela requiert des compétences spécifiques et des investissements conséquents. Entre la protection des vergers et les systèmes d’irrigation, chaque hectare peut demander jusqu’à 100 000 euros d’investissements.
Pour assurer une production optimale, Baptiste cultive 25 variétés différentes de cerises, permettant ainsi d’étaler les récoltes de mai à juillet. « Chacune démarre avec des jours de décalage, ce qui nous assure une offre continue de cerises fraîches, » précise-t-il. Toutefois, la patience est essentielle : un cerisier met entre trois et cinq ans avant de commencer à produire des fruits.
Challenges climatiques et innovations techniques : le quotidien d’un producteur
La gestion de l’eau est cruciale dans la culture des cerises. « Il faut environ 2 000 mètres cubes d’eau par hectare et par an, » explique Baptiste, tout en montrant un lac artificiel qui alimente ses vergers grâce à un système de micro-goutte-à-goutte. Une irrigation appropriée permet aux cerises de croître en taille et en qualité, alors qu’un excès d’humidité peut causer des éclatements des fruits.
La protection contre les aléas climatiques, notamment la pluie, est également une priorité. Les bâches au-dessus des rangées de cerisiers préservent les fruits de l’humidité, tout en agissant comme barrière contre des ravageurs comme la mouche asiatique. « Une cerise mouillée devient immangeable, » prévient Baptiste.
Une passion intacte malgré les défis du métier
La récolte de cerises est entièrement manuelle. Baptiste insiste sur l’importance de sélectionner uniquement les fruits mûrs, une tâche qui demande un œil attentif. Les cerises sont ensuite calibrées grâce à un système électronique, garantissant une qualité optimale pour la vente.
Cette année promet une récolte abondante, un véritable soulagement après quelques saisons difficiles. « Nous n’avons pas eu une telle récolte depuis deux ou trois ans, » se réjouit Baptiste. Toutefois, il demeure conscient du défi que représente la concurrence internationale, notamment de l’Espagne, qui propose des coûts de production plus bas.
Malgré les enjeux économiques et environnementaux, la passion de Baptiste pour la cerise reste intacte. « C’est un fruit complexe à cultiver, mais c’est ce qui me motive. Je suis un véritable passionné, » conclut-il, affichant une lueur d’espoir pour l’avenir de la cerise lotoise.
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