À LA UNE DU 14 MAI 2026

La situation reste tendue en Lozère en raison des loups, y compris parmi les éleveurs de bovins.

Par Hugo Clement - 14 Mai 2026, 10:50

Lorsqu’on évoque le loup en Lozère, le débat s’intensifie notamment autour de la protection des troupeaux, souvent considérés comme les principales victimes de ce prédateur. Néanmoins, les récents événements ont mis en lumière une autre réalité : les bovins sont également concernés. Un arrêté préfectoral a récemment permis à un éleveur de la commune de Monts-de-Randon de tirer sur les loups après des attaques répétées sur son troupeau, une décision qui relance les discussions sur la gestion de ce prédateur dans le département.

Les mesures de défense face à un prédateur redouté

Le 20 avril 2026, la préfecture a autorisé un éleveur à intervenir directement contre les loups après qu’il ait mis en place des stratégies pour protéger son bétail. Parmi ces mesures figurent le vêlage dans des bâtiments sécurisés et le regroupement des bêtes pour constituer des troupeaux plus conséquents. Malgré ces précautions, la Direction des Territoires a jugé nécessaire d’autoriser cette action : « en l’absence de solution satisfaisante » et face à un risque avéré pour ses bovins.

En effet, la menace était suffisamment préoccupante pour justifier un accès à la législation sur les tirs de défense, accordé pour une durée prolongée jusqu’en 2029. Les autorités constatent une augmentation des attaques, non seulement sur les ovins, mais également sur les bovins, ce qui suscite des inquiétudes croissantes parmi les éleveurs de la région.

Une réalité alarmante pour les éleveurs de Monts-de-Randon

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plusieurs bovins ont été tués dans la région en 2024 et 2025. Au total, dix animaux ont été signalés comme victimes de prédation, illustrant un phénomène qui ne peut être ignoré. Sur la commune de Monts-de-Randon, ainsi que dans les localités avoisinantes, des élevages ont subi des pertes significatives. La préfecture de Lozère a également constaté une montée des attaques, avec 600 animaux touchés en 2025, un chiffre alarmant qui souligne l’ampleur du problème.

D’après les éléments communiqués, plusieurs animaux avaient été classés comme victimes d’origine indéterminée, ajoutant une couche de complexité à la situation. Au-delà des attentes des agriculteurs, cette montée des attaques remet en question les mesures de protection actuellement en vigueur et soulève des interrogations quant à l’équilibre entre la préservation des espèces et la sécurité des élevages.

Un écosystème en tension

La cohabitation entre les éleveurs et les loups en Lozère devient donc de plus en plus délicate. Les attaques connues engendrent non seulement des pertes économiques pour les exploitations, mais aussi un climat de tension palpable parmi les agriculteurs soucieux de protéger leur bétail. En 2025, les statistiques ont révélé une presque multiplication du nombre d’animaux victimes des loups par rapport aux années précédentes. En 2023, on comptait encore moins de 100 pertes.

La situation nécessite une approche équilibrée prenant en compte les réalités économiques des éleveurs tout en assurant la protection de la biodiversité. C’est un défi majeur qui appelle à la concertation entre les acteurs de l’agriculture et des associations de protection de la nature, dans le but de trouver des solutions durables et efficaces.

Les acteurs locaux continuent de débattre de ces enjeux, cherchant un équilibre entre l’élevage traditionnel et la préservation des espèces sauvages. Pour en savoir plus sur cette problématique, consultez cet article sur la situation des éleveurs en Lozère ici.