À LA UNE DU 14 JUIN 2026

« Le futur de l’élevage : un appel à la sauvegarde des races patrimoniales, selon le naturaliste Rémi Dupouy dans son dernier documentary »

Par Hugo Clement - 14 Juin 2026, 07:55

Il s’agit d’un enjeu crucial pour l’avenir de l’élevage dans le Lot-et-Garonne. Alors que la modernisation et l’industrialisation continuent de façonner le paysage agricole, une voix s’élève pour prôner un retour aux méthodes plus traditionnelles et respectueuses de l’environnement. Rémi Dupouy, naturaliste et documentariste, explore cette thématique dans son récent documentaire, mettant l’accent sur l’importance de réhabiliter les races anciennes d’animaux d’élevage.

À Villeneuve-sur-Lot, l’avenir de l’élevage passe par la réhabilitation des races anciennes

Des pratiques ancestrales face à l’industrialisation

Dans son documentaire, Rémi Dupouy nous plonge au cœur des Abruzzes, où il a rencontré des éleveurs ayant fait le choix audacieux de quitter la restauration pour consacrer leur vie à l’élevage de brebis. Ces passionnés, soutenus par des chiens de protection, parlent de l’importance de réguler la biodiversité. “Ici, les loups sont absents, mais la présence de sangliers et d’autres animaux sauvages cause de réels dommages à notre environnement”, confie l’un des éleveurs. Selon Rémi Dupouy, les loups jouent un rôle fondamental dans l’équilibre écologique, en régulant les populations de certaines espèces tout en épargnant les brebis. “Nous avons trop longtemps ignoré les leviers de la nature”, déclare-t-il.

Défenseur des races rustiques, Dupouy plaide pour un retour à ces animaux moins productifs, mais mieux adaptés au mode de vie extérieur. Ces animaux traditionnels, bien que moins rentables à court terme, sont plus résistants aux maladies et s’alignent davantage avec un élevage durable. “L’avenir de l’élevage repose sur cette réhabilitation”, insiste-t-il, affirmant que des pratiques agricoles plus respectueuses peuvent répondre aux défis environnementaux contemporains.

La blonde d’Aquitaine : un modèle à repenser

Dupouy met également en lumière la problématique de certaines races, comme la blonde d’Aquitaine, qui privilégie le rendement au détriment de l’adaptation au terroir. “La blonde est issue d’un brassage de plusieurs races locales, mais elle ne correspond plus aux réalités de notre écosystème”, explique-t-il. Les éleveurs doivent envisager des solutions adaptées au contexte local pour garantir la viabilité de leur exploitation.

Il remarque que de nombreux agriculteurs français prennent conscience de cette nécessité et cherchent à déconstruire l’approche industrielle qui a longtemps dominé le secteur. “L’élevage moderne, dépendant de techniques invasives, expose les animaux et les agriculteurs à des risques tels que la grippe porcine et aviaire”, précise-t-il. Le retour vers une approche plus traditionnelle pourrait donc non seulement redynamiser l’élevage au sein du Lot-et-Garonne, mais également contribuer à préserver la biodiversité.

Un dialogue nécessaire pour l’avenir de l’agriculture

Le travail de Rémi Dupouy dans son documentaire ne se limite pas seulement à une critique de l’élevage industriel. Il ouvre un dialogue essentiel sur les pratiques agricoles qui assurent une harmonie entre l’homme et la nature. “Nous devons comprendre que préserver nos paysages, cela passe par la protection de nos animaux et de nos traditions”, conclut-il.

C’est donc avec un regard neuf que l’on doit aborder l’avenir de l’élevage dans le Lot-et-Garonne. Les initiatives pour réhabiliter les races anciennes pourraient non seulement faire émerger des pratiques plus durables, mais aussi renforcer l’identité et la culture agricole de notre territoire. Pour en savoir plus sur les réflexions de Rémi Dupouy, vous pouvez consulter les informations publiées ici.