À LA UNE DU 21 JUIN 2026

La mairie de Carcassonne sollicite le retrait d’une œuvre tandis que Les Abattoirs de Toulouse s’y opposent.

Par Hugo Clement - 21 Juin 2026, 15:35

Carcassonne s’illumine avec l’exposition « Pop-Up Collections » : un affrontement artistique autour de la liberté d’expression

À Carcassonne, l’exposition « Pop-Up Collections » confrontée à une demande controversée de retrait d’une œuvre

La ville de Carcassonne, emblème de l’histoire médiévale française, met une fois de plus en lumière son riche patrimoine culturel avec l’exposition « Pop-Up Collections ». Déployée depuis le 5 juin dans divers lieux emblématiques de la cité, cette exposition rassemble plus de 50 artistes et explore des récits souvent occultés par l’histoire officielle. Cependant, une controverse a récemment éclaté autour d’une œuvre spécifique, ravivant le débat sur la liberté d’expression artistique.

Une œuvre clivante : « Salät ou autoportrait dirigé » de Mehdi-Georges Lahlou

Au cœur de cette tempête se trouve l’œuvre de l’artiste franco-marocain Mehdi-Georges Lahlou, intitulée « Salät ou autoportrait dirigé ». Composée de neuf corps recouverts d’un drap blanc, l’installation évoque une posture de prière musulmane, suscitant diverses interprétations. Le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, dirigeant d’une municipalité RN, a demandé son retrait peu avant le vernissage de l’exposition. Selon l’édition de L’Opinion, cette démarche a créé une onde de choc dans le milieu artistique.

Lahlou explique que cette œuvre est empreinte de souvenirs familiaux, symbolisant une fusion entre ses racines chrétiennes et musulmanes. Il souligne que l’ensemble de son travail aborde des thématiques liées à l’identité culturelle, à la religion et à la complexité des représentations religieuses.

Les réactions des institutions : Vers une protection de la création artistique

Face à la controverse, Les Abattoirs, le Fonds régional d’art contemporain qui a organisé l’expo, ont maintenu leur décision de conserver l’œuvre. Comme ils l’ont précisé, ce choix est motivé par des considérations curatoriales et logistiques : « Retirer une œuvre si fragile à la veille du vernissage n’était pas envisageable ». De plus, un retrait aurait été perçu comme une atteinte à la liberté de diffusion de la création, un principe fondamental défendu par l’institution.

Le Frac a également souligné qu’une telle situation était inédite pour leurs expositions, affirmant que jamais auparavant un artiste n’avait été confronté à une telle demande. Cela soulève des questions essentielles sur la liberté d’expression dans le secteur artistique, particulièrement dans un contexte politique de plus en plus polarisé.

Des soutien et des critiques autour de l’exposition

L’initiative « Pop-Up Collections » a attiré des soutiens significatifs de la part d’autres artistes et activistes, qui voient dans cette affaire un enjeu majeur pour la liberté d’expression en France. Mehdi-Georges Lahlou, malgré sa déception face à cette censure, a vu son œuvre circuler sans entrave dans d’autres régions comme l’Ariège et le Tarn.

La réaction de la municipalité a été critiquée par plusieurs leaders d’opinion, qui y voient un acte de censure qui pourrait nuire à l’image de Carcassonne comme ville d’art et de culture. Les Abattoirs et d’autres institutions artistiques ont exprimé leur souhait de voir cette situation servir de catalyseur pour une réflexion plus large sur la place de l’art dans la société.

Alors que l’exposition « Pop-Up Collections » continue de séduire le public, elle interroge également sur la responsabilité des institutions face à la diversité des arts tant qu’elles se doivent de refléter toutes les facettes de notre société. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité de l’article sur L’Opinion.