À LA UNE DU 16 JUIL 2026

Gard : 40 millions de mètres cubes d’eau manquants par an d’ici 2050

Par Hugo Clement - 16 Juil 2026, 07:45

L’agriculture et la viticulture du Gard sont confrontées à des défis majeurs, exacerbés par le réchauffement climatique. Un schéma directeur d’eau brute et d’irrigation, piloté par l’Agglomération du Gard rhodanien et le Pôle d’équilibre territorial et rural Uzège-Pont du Gard, cherche à répondre à ces enjeux cruciaux pour 180 000 habitants sur 105 communes.

Gestion de l’eau : vers un avenir incertain pour les agriculteurs gardois

Les agriculteurs et viticulteurs de l’est gardois tirent la sonnette d’alarme. Avec des terres asséchées et un besoin urgent d’adaptation, le schéma directeur d’eau brute s’impose comme une réponse indispensable à une crise hydrique attendue. Ce projet ambitieux a récemment achevé sa deuxième phase, marquée par une concertation avec 1 800 agriculteurs afin d’évaluer les besoins en eau pour une variété d’usages, y compris l’agriculture et l’eau potable.

Selon les estimations, d’ici 2050, les besoins en eau supplémentaires pourraient atteindre 40 millions de mètres cubes par an. Actuellement, la consommation annuelle fluctuait autour de 34 millions de mètres cubes, ce qui souligne l’importance d’une gestion préventive. Les projections de consommation prévoient une majorité des demandes provenant de l’industrie viticole, avec une diversification vers l’arboriculture, une solution possible face aux aléas du réchauffement climatique.

Vers une mutation des cultures : de la vigne aux fruits secs

Les viticulteurs gardois s’interrogent sur leur avenir. Pour un agriculteur engagé, « nous n’avons pas de vision à long terme », mettant en lumière l’incertitude liée aux cours du marché et aux conditions climatiques. Les retards accumulés dans l’adaptation aux nouvelles réalités environnementales n’augurent rien de bon. L’éventualité de se tourner vers d’autres cultures, comme la grenade ou la pistache, devient de plus en plus probable.

Les commentaires d’experts tels que Xavier Picot, ingénieur à l’Agglomération, soulignent qu’une offre d’eau adéquate pourrait signaler des adaptations nécessaires dans la distribution. L’importance grandissante de la diversification agricole se fait également ressentir, alors que les viticulteurs prennent conscience de l’urgence d’anticiper les choix culturels.

Des solutions hydriques à explorer : la rivière Rhône en ligne de mire

La principale source d’eau envisagée pour le territoire reste le Rhône, avec des prélèvements jugés « sans limite maximum ». D’autres cours d’eau comme la Tave, la Cèze et les Gardons posent divers défis, notamment des problèmes de qualité et de disponibilité. Le vice-président de l’Agglomération, Cédric Clemente, évoque une situation critique de stress hydrique : « Le Gard rhodanien est en rouge-noir », signalant une crise pas vue depuis plus d’une décennie.

Ce schéma directeur vise également à renforcer le maillage des points d’eau pour optimiser la lutte contre les incendies, un enjeu essentiel à l’approche de la saison estivale.

Un cadre pour l’avenir : un bilan et des espoirs

Ce schéma couvre 105 communes, impliquant plusieurs intercommunalités et touchant environ 180 000 habitants. Une fois les phases d’étude achevées, un document cadre sera présenté en avril 2027, qui devra définir les secteurs d’approvisionnement en eau, leurs modalités d’acheminement et les coûts associés.

Face aux défis environnementaux, ce projet se veut une réponse structurante pour l’avenir des activités agricoles et viticoles. En soutenant cette initiative, les acteurs du Gard espèrent concevoir un avenir durable et résilient dans un contexte de changement climatique en cours, qui touche particulièrement les secteurs vitaux de la région.

Pour en savoir plus, découvrez l’article complet sur les initiatives pour la gestion de l’eau, selon les informations publiées.