À LA UNE DU 20 JUIL 2026

Le préfet d’Occitanie échangé avec les éleveurs d’Ariège sur leurs défis

Par Hugo Clement - 19 Juil 2026, 18:05

Le préfet de l’Ariège, accompagné de ses homologues locaux, a récemment rencontré les éleveurs du groupement pastoral d’Arreau pour discuter d’une problématique préoccupante : la prédation des ours sur les troupeaux. Cette rencontre, survenue vendredi soir, fait suite à l’instauration d’un dispositif permet­tant aux éleveurs de procéder eux-mêmes à des tirs d’effarouchement à effet sonore, entré en vigueur le 13 juillet.

Prédation ursine : un dispositif d’effarouchement renforcé en Ariège

Depuis la mise en place de cette nouvelle mesure, les éleveurs et bergers peuvent désormais utiliser des cartouches à double détonation pour effrayer les ours. Cette décision fait suite à la publication d’un arrêté ministériel, le 14 juillet, qui modifie les régulations entourant le traitement de la faune sauvage dans les Pyrénées. Ce changement vise à donner aux acteurs concernés des outils additionnels face à la menace que représente la prédation ursine sur les troupeaux.

La nécessité d’une telle intervention est mise en lumière par les statistiques : en 2025, 289 attaques de bétail ont été recensées dans les Pyrénées, dont 122 incidents concernaient uniquement le groupement pastoral d’Arreau, ce qui représente 75% des cas signalés en Ariège.

Les enjeux de la rencontre avec les éleveurs

Les discussions menées lors de cette rencontre avaient pour but d’évaluer l’efficacité préalable du dispositif d’effarouchement. Le préfet a précisé que les éleveurs ont été formés pour utiliser ces moyens d’effarouchement, une responsabilité qu’ils n’avaient généralement pas auparavant, puisque seuls les agents de l’Office Français de la Biodiversité étaient habilités à prendre de telles mesures.

Le groupement pastoral d’Arreau a lancé cette demande de dispositif suite à une saison de prédation particulièrement difficile. Un incident filmé récemment a mis en lumière la vulnérabilité des troupeaux face à l’ours, soulevant l’urgence d’une réponse appropriée.

Réactions diverses : entre soutien et contestation

Cette nouvelle mesure a été applaudie par la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) de l’Ariège, qui y voit un complément indispensable pour la sauvegarde des troupeaux. Cependant, la controverse continue d’entourer cette décision. L’association One Voice a d’ores et déjà déposé un recours devant le Conseil d’État, arguant que permettre aux éleveurs d’intervenir de cette manière sur une espèce protégée comme l’ours franchit un « seuil éthique ».

Selon les consultations publiques menées avant l’arrêté, une majorité de la population (75,5%) s’opposait à cette possibilité d’effarouchement par les éleveurs, illustrant les tensions entre la protection de l’ours brun et l’activité pastorale en Ariège.

Un territoire à la croisée des chemins : l’Ariège face à la prédation

L’Ariège se positionne donc comme le département le plus affecté par les interactions entre la faune sauvage et l’agriculture. Alors que le préfet soutient que ces mesures sont essentielles pour protéger les éleveurs, les groupes de défense de la faune sauvage rappellent la nécessité de trouver un équilibre plus durable entre protection de la biodiversité et maintien des activités économiques.

Les échanges entre les autorités et les acteurs pastoraux se poursuivent, mais la question reste entière : comment protéger les intérêts des éleveurs tout en garantissant la survie d’une espèce menacée ? La situation nécessite un dialogue constant et constructif, validé par les résultats des premières semaines du dispositif d’effarouchement mis en place.

Pour en savoir plus sur cette problématique, vous pouvez consulter l’article complet selon les informations publiées par Info.fr.