À LA UNE DU 21 JUIL 2026

Le préfet d’Occitanie échange avec les éleveurs de l’Ariège

Par Hugo Clement - 20 Juil 2026, 16:55

Le préfet de la région Occitanie, Fabrice Rigoulet-Roze, s’est rendu à Foix le 17 juillet afin de discuter avec les éleveurs du groupement pastoral d’Arreau des nouvelles mesures d’effarouchement des ours. Ce déplacement fait suite à un arrêté ministériel crucial, permettant aux éleveurs de pratiquer eux-mêmes l’effarouchement sonore des ours, opérationnel depuis le 13 juillet.

Effarouchement des ours : un arrêté clé en Ariège

Entré en vigueur le 14 juillet, l’arrêté ministériel vise à renforcer la sécurité des élevages face à la présence des ours dans les Pyrénées. Il autorise les éleveurs formés et les présidents de groupements pastoraux à réaliser des tirs d’effarouchement à effet sonore. Ces derniers peuvent désormais utiliser des cartouches à double détonation et des dispositifs lacrymogènes pour éloigner les ours, permettant ainsi de protéger les troupeaux qui sont souvent ciblés lors des attaques.

Ce dispositif représente un tournant significatif dans la gestion de la cohabitation entre les éleveurs et la faune locale. Avant cette réforme, seuls les agents de l’Office français de la biodiversité étaient habilités à effectuer ces opérations. La délégation de cette compétence aux éleveurs constitue une avancée que nombre d’entre eux attendaient avec impatience.

Des pertes significatives pour le groupement pastoral d’Arreau

En 2025, le groupement pastoral d’Arreau a subi la perte tragique de 122 brebis en raison d’attaques d’ours, ce qui a incité les éleveurs à demander des mesures plus actives pour préserver leurs animaux. L’Ariège, avec 73,3 % des 289 attaques recensées dans les Pyrénées, se trouve au cœur d’un contexte délicat où l’interaction entre l’élevage et la faune sauvage soulève de vives tensions.

La FDSEA de l’Ariège a accueilli cette nouvelle régulation comme un outil essentiel pour envisager une meilleure protection des troupeaux et assurer la pérennité de l’élevage en milieu montagnard.

Un climat de contestation et de changement

Cependant, l’initiative d’effarouchement suscite également des critiques. L’association One Voice a agi en introduisant un recours devant le Conseil d’État pour contester la légalité de cet arrêté. Elle souligne que cette mesure pourrait constituer un harcèlement envers une espèce protégée et enfreindre les engagements internationaux de la France. De plus, la consultation publique qui a précédé l’arrêté a révélé que 75,5 % des participants étaient opposés à ce que les éleveurs mènent eux-mêmes l’effarouchement.

La complexité de la situation en Ariège se trouve donc au carrefour de la protection de la biodiversité et des préoccupations des éleveurs. Le département demeure le plus exposé aux interactions entre l’élevage et la faune, et la nécessité de trouver un équilibre entre la protection des espèces et la survie des éleveurs devient de plus en plus pressante.

Perspectives d’avenir pour l’élevage en Ariège

Le Conseil d’État devrait bientôt se prononcer sur le recours juridique déposé par One Voice, alors que le dispositif d’effarouchement continue de fonctionner sur le terrain. Les autorités locales prévoient de maintenir le dialogue avec les groupements pastoraux pour évaluer les résultats du protocole et ajuster les mesures si nécessaire.

Cette situation illustre la tension existante en Ariège : la coexistence entre l’élevage et la protection de la faune sauvage est un enjeu crucial, non seulement pour l’économie locale, mais aussi pour la préservation de la biodiversité. Comme l’indique un rapport d’info.fr, les discussions qui suivent ce nouvel arrêté pourraient véritablement redéfinir les relations entre les éleveurs et les différentes parties prenantes dans cette région montagneuse.