À LA UNE DU 21 JUIL 2026

Canicule : les pruniers du Lot en péril, des pépiniéristes inquiets pour l’avenir

Par Hugo Clement - 21 Juil 2026, 12:10

Après des vagues de chaleur record, les producteurs de prunes d’Ente dans le Lot-et-Garonne sont en état d’alerte. Cette situation préoccupante menace non seulement leurs vergers, mais aussi l’identité du célèbre pruneau d’Agen, une spécialité régionale bien ancrée dans le patrimoine agricole local.

Les pruniers du Lot-et-Garonne en péril après la canicule record

Le hameau de Cailladelles, niché entre Villeneuve-sur-Lot et Monflanquin, est au cœur d’une crise sans précédent pour les producteurs de prunes d’Ente. Philippe Brousse, un agriculteur local, a récemment montré l’ampleur des dégâts causés par l’épisode caniculaire. Les champs, habituellement verdoyants, sont désormais couverts de tonalités orangées, un constat alarmant pour ces exploitants. D’après les informations publiées, la récolte pourrait enregistrer une perte de 30 à 50 %.

En présence d’élus locaux tels que Marcel Calmette et Christine Gonzato-Roques, les producteurs ont fait appel à leur soutien pour dénoncer une situation catastrophique. Les prunes tombent prématurément, tandis que des milliers d’arbres se trouvent en danger, certains jeunes pruniers étant déjà condamnés à disparaître. Cette crise alarmante soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la production, témoignant d’un défi majeur pour l’agriculture lotoise.

Une réglementation en question : le porte-greffe, clé de la résilience

La difficulté réside également dans la réglementation entourant le porte-greffe des pruniers. En effet, les producteurs déplorent une faille dans le système, car la dernière homologation d’un porte-greffe remonte à 1985. Les plants modernes, fruit du microbouturage, sont souvent moins robustes face aux aléas climatiques. Les règles strictes de l’Indication Géographique Protégée (IGP) pour le pruneau d’Agen compliquent encore la situation. Elles prohibent aux agriculteurs de reproduire leurs propres porte-greffes, limitant ainsi leur capacité à s’adapter à la « mémoire du sol » de leurs parcelles.

L’enjeu est majeur, car le porte-greffe ne se contente pas de supporter la variété fruitière. Il conditionne également la résistance de l’arbre aux maladies et son adaptation aux différents types de sol. Une modification dans la réglementation pourrait offrir une voie vers une meilleure résilience face aux défis climatiques croissants.

Des mesures d’urgence attendues pour sauver la filière

Alors que la situation devient critique, les producteurs exigent des actions immédiates. Ils ont fait part de leur inquiétude quant à l’approvisionnement en plants pour remplacer les pruniers morts. Avec des pépiniéristes incapables de fournir les variétés adaptées, la filière du pruneau d’Agen risque de s’effondrer. Les producteurs craignent que des jeunes plants issus de l’étrangers, peu adaptés aux spécificités locales, ne remplacent les arbres disparus.

Une rencontre avec le préfet est prévue à Monflanquin, où les exploitants espèrent recevoir des réponses. Cette crise a mis en lumière la nécessité d’initier une relance de la recherche agronomique, spécifiquement axée sur les porte-greffes. Pour ces agriculteurs, il ne s’agit pas seulement de préserver leur identité professionnelle, mais aussi de protéger un véritable patrimoine culturel pour la région.

En somme, la situation actuelle des pruniers d’Ente est révélatrice d’un enjeu plus large qui dépasse la simple agriculture. L’avenir de cette production emblématique du Lot-et-Garonne dépend désormais d’un soutien institutionnel et d’une révision des règles qui régissent cette filière. Les prochaines semaines seront cruciales pour la pérennité du pruneau d’Agen et des exploitations qui en dépendent.