Le changement climatique impacte fortement l’agriculture lotoise, et les pruniers du Villeneuvois en sont une illustration frappante. Patrick et Baptiste Léger, agriculteurs à Villeneuve-sur-Lot, ont partagé avec le préfet du Lot-et-Garonne, Bruno André, les enjeux cruciaux liés à l’irrigation de leurs vergers lors d’une visite déterminante.
Les agriculteurs de Villeneuve-sur-Lot plaident pour l’irrigation afin de sauver la filière pruneau
Lors de cette visite, Patrick Léger a voulu rompre avec le discours alarmiste entourant la canicule. "Les vergers irrigués résistent mieux aux chaleurs extrêmes", a-t-il affirmé, soulignant que les pertes sur ses pruniers arrosés se chiffrent à 20 %, alors que celles des vergers non irrigués atteignent 50 à 60 %. En mettant en avant ces chiffres, les Léger démontrent l’importance vitale de l’eau pour la pérennité de la production.
Une irrigabilité essentielle pour la résilience des vergers
Les pruniers d’Ente et de noisetiers sur l’exploitation des Léger, régulièrement irrigués grâce aux réseaux locaux, affichent une santé robuste malgré les conditions climatiques adverses. Cette situation met en lumière la nécessité pour les agriculteurs de disposer d’infrastructures de stockage d’eau adaptées. D’après les informations publiées, les producteurs lancent un appel aux services de l’État pour améliorer ces infrastructures essentielles et prévenir des pertes futures.
Avec des besoins en eau qui ne cessent d’augmenter, notamment lié aux épisodes climatiques extrêmes, Patrick Léger précise que la consommation d’eau pour ses vergers a presque doublé, passant de 1 200 m³ à 2 400 m³ par hectare cette année. Une situation alarmante qui pousse les agriculteurs à envisager des solutions durables pour capter et conserver l’eau en période hivernale.
Les défis à surmonter : stockage de l’eau et futur de l’arboriculture
À Villeneuve-sur-Lot, les agriculteurs plaident pour la création de retenues collinaires afin de préserver les ressources en eau, souvent perdues dans les cours d’eau. Ils mettent en avant une réalité préoccupante : d’innombrables exploitations sans système d’irrigation peinent à trouver des repreneurs.
"Si nous voulons donner un avenir aux jeunes agriculteurs, nous devons leur assurer des conditions de vie pérennes, ce qui passe par l’accès à l’eau", évoque Baptiste Léger. En effet, sans cette ressource, la revalorisation des terres devient un défi insurmontable, accentuant le risque d’abandon des parcelles.
Pour les Léger, les vergers représentent bien plus qu’une simple exploitation agricole : ils sont le symbole d’une filière en lutte pour sa survie. « Si on a de l’eau, on peut sauver la filière pruneau d’Agen », confirme Patrick Léger, transmettant ainsi un message d’espoir tout en appelant à une prise de conscience collective.
La filière pruneau se trouve à un carrefour. Face aux enjeux du climat, la coopération entre agriculteurs et institutions semble cruciale pour bâtir un avenir durable pour l’arboriculture dans le Lot-et-Garonne. La réponse du préfet et des autorités à cette demande pourrait bien influencer le futur des vergers en péril.
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