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Aveyron : comment réduire l’impact environnemental des 250 lacaunes laitières

Par Hugo Clement - 1 Août 2026, 10:45

Les éleveurs du Larzac aspirent à une agriculture durable et innovante. Dans cette région de l’Aveyron, le Gaec Reversat, dirigé par Laurent Reversat et sa famille, démontre que l’intégration de pratiques agroécologiques peut répondre à des enjeux cruciaux comme la production alimentaire et la gestion des ressources.

Élevage Lacaune sur le plateau du Larzac : vers une agriculture innovante

Laurent Reversat, éleveur de brebis lacaunes laitières, rappelle que l’objectif principal est « nourrir des personnes » tout en « rémunérant les actifs ». Dans un contexte de défis environnementaux, ce trio familial s’engage activement dans l’agriculture biologique depuis 2013, se fixant comme priorité le renouvellement de leur troupeau pour des raisons sanitaires en 2021 ainsi que l’adhésion au schéma de sélection Lacaune lait.

Leur exploitation se met en avant avec le projet Life Green Sheep, promouvant des méthodes respectueuses de l’écosystème, tout en cherchant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, des analyses menées sur 381 hectares de surfaces pastorales ont montré une autonomie fourragère à 100 %, permettant de compenser les émissions de carbone de la ferme. « L’efficience de notre troupeau doit encore être optimisée », insiste Laurent, qui vise à dépasser une production de 330 litres de lait par brebis.

Une stratégie de durabilité et qualité des fourrages

Pour y parvenir, plusieurs actions ont été mises en place comme l’accroissement de la reproduction des agnelles. Désormais, 110 d’entre elles font l’objet de ce processus, contre 85 auparavant. Cette augmentation permet non seulement un renouvellement efficace des animaux, mais également la diffusion du schéma de sélection des lacaunes laitières dans d’autres exploitations.

Les méthodes de gestion des effluents et de l’azote ont aussi été repensées. « En mettant le fumier en condition anaérobie, nous limitons les pertes d’azote et réduisons notre impact écologique », précise Benoît, le technicien d’élevage. Cette innovation a permis d’améliorer significativement la qualité des fourrages. L’efficience de l’azote, mesure clé pour une agriculture durable, a ainsi été relevée de 40 à 52 %.

Le défi de la prédation et l’adaptation des pratiques

Cependant, les éleveurs doivent aussi faire face à la présence croissante des prédateurs, notamment des loups. Cette problématique a conduit Laurent et ses associés à adapter leurs pratiques de pâturage. Pour protéger le troupeau, les surfaces les plus éloignées sont désormais valorisées par des chevaux, et le pâturage nocturne a été fortement réduit.

La dynamique de la ferme met ainsi en évidence un défi majeur : la variabilité climatique. « Nous constatons un effet important de l’année sur la qualité des fourrages, directement lié à des facteurs climatiques », explique Laurent, reconnaissant que le chemin vers l’autonomie alimentaire est semé d’embûches.

Favoriser un avenir durable sur le plateau du Larzac

Pour renforcer la qualité des fourrages et l’autonomie alimentaire, le Gaec Reversat prévoit l’installation d’un système de séchage en grange d’ici 2027, un investissement de 200 000 euros qui pourrait transformer leur capacité de production. Avec des conditions climatiques de plus en plus rudes, cette innovation est perçue comme essentielle pour sécuriser l’alimentation de leur troupeau.

Enfin, l’initiative du Gaec Reversat démontre que la combinaison de nouvelles pratiques et d’un ancrage territorial solide favorise une agriculture qui répond aux défis contemporains tout en pérennisant les savoir-faire locaux. Dans un monde en quête de durabilité, ces éleveurs de l’Aveyron montrent la voie à suivre. Pour plus d’informations sur leurs démarches, vous pouvez consulter cet article ici.