À LA UNE DU 5 AOûT 2026

Frédéric Liévy : un pilier du combat social en Haute-Garonne

Par Hugo Clement - 5 Août 2026, 14:20

Frédéric Liévy, figure respectée des gens du voyage en Haute-Garonne, nous a quittés trop tôt. Il s’est éteint le 27 juillet 2026 à l’âge de 64 ans, laissant derrière lui une communauté en émoi. Son engagement inébranlable pour les droits des familles itinérantes a marqué la région toulousaine, où son héritage social et militant continue d’inspirer bien des générations.

Frédéric Liévy : un pionnier pour les gens du voyage à Toulouse

Résidant à Frouzins, un charmant village proche de la Ville Rose, Frédéric Liévy, surnommé « Frédo », a été un leader charismatique de la communauté des gens du voyage. Reconnu comme le président de l’association Reconnaissance des locataires gens du voyage, il a consacré sa vie à défendre les droits et à promouvoir la dignité de sa communauté. Les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé révèlent un homme au service des autres, prêt à se battre pour faire valoir les droits des voyageurs dans l’agglomération toulousaine.

Selon Clément David, ami de longue date et ancien membre d’Halem, « sur l’agglomération toulousaine, tous les voyageurs le connaissaient. » Son aide était précieuse, que ce soit pour accéder à un terrain, scolariser des enfants, ou faire face à des injustices. Sa réputation de « référent » a permis à de nombreuses familles de naviguer dans des situations compliquées.

Une voix pour les opprimés

Frédéric Liévy n’était pas seulement un défenseur local : il a aussi sensibilisé le grand public à la lutte contre les discriminations. Son engagement a coïncidé avec de nombreux combats, notamment contre une loi controversée qui visait à sanctionner les campements illicites. En utilisant sa connaissance des textes de loi, il a su accompagner les familles face aux institutions, réclamant une reconnaissance de leurs droits.

« Frédo était conscient que leur combat était social », souligne Gaëlla Loiseau, anthropologue et amie. Cet aspect de son engagement a renforcé l’idée que les gens du voyage doivent d’abord être vus comme des citoyens avant d’être stigmatisés.

Un entrepreneur engagé et innovant

Au-delà de son rôle de militant, Frédéric a aussi été un entrepreneur avisé. Il a cofondé la société Pref’air, spécialisée dans les blocs préfabriqués pour les terrains familiaux, cherchant ainsi à faciliter la vie des familles de voyageurs. Cette initiative illustre bien la synergie entre son engagement social et son sens des affaires.

« Il a toujours pensé à des solutions concrètes », raconte Sébastien Schied, un autre ami proche de Frédo. En devenant également éleveur de poules sur son terrain à Frouzins, Frédéric a cherché à concilier son mode de vie nomade avec des pratiques agricoles viables, un défi qu’il a relevé malgré les obstacles réglementaires.

Un héritage durable pour la communauté des voyageurs

Frédéric Liévy laisse derrière lui plus qu’une association : il a transmis un véritable héritage de courage et d’engagement. « Il nous a appris comment défendre nos droits », confie Sébastien Schied. Son approche politique douce, préférant convaincre plutôt que s’opposer, lui a ouvert de nombreuses portes, y compris avec des élus locaux et au niveau européen.

L’ancienne eurodéputée Catherine Grèze, avec qui il a travaillé sur la reconnaissance du génocide des tsiganes, témoigne de son impact. « Il a su faire entendre la voix des oubliés. Son passage a marqué une réelle avancée dans la reconnaissance des souffrances de son peuple. »

Frédéric a été inhumé selon les traditions des voyageurs au cimetière de Frouzins, une dernière demeure qui résonne comme un hommage à sa vie de combats et de dévouement.

Pour en savoir plus sur cet homme qui a marqué Toulouse et sa région, consultez ce lien. Son histoire continue d’inspirer ceux qui l’ont connu et tous ceux qui poursuivent ce combat pour l’égalité et la reconnaissance.