À LA UNE DU 9 AOûT 2026

L’Aude signe une convention unique en France pour des projets innovants

Par Hugo Clement - 8 Août 2026, 06:45

L’Aude fait un pas historique en matière de gestion forestière avec la signature d’une convention novatrice qui met le pastoralisme au cœur de la lutte contre les incendies. Cette initiative, fruit d’un partenariat entre la Chambre d’Agriculture de l’Aude et l’Office National des Forêts (ONF), vise à promouvoir le pâturage des troupeaux dans les zones boisées. Un retour aux sources qui pourrait transformer la manière dont les forêts audoises sont gérées face aux risques d’incendie.

À Carcassonne, le pastoralisme comme solution face aux incendies

Le 29 juillet 2026, à Carcassonne, un événement marquant pour les agriculteurs de l’Aude a eu lieu. La Chambre d’Agriculture de l’Aude a signé une convention inédite avec l’ONF, afin de faciliter le pâturage des animaux dans les forêts du département. Cette démarche arrive dans un contexte où les préoccupations sur la gestion des forêts se sont intensifiées, particulièrement après l’incendie majeur de l’été 2025, qui a détruit environ 17 000 hectares de forêt dans les Corbières.

Margaux Lecroq, référente départementale pour la défense des forêts contre les incendies, souligne que cette convention est une réponse directe à une colère grandissante parmi les éleveurs concernant l’accès aux ressources forestières. Pour rappel, la région a subi un lourd traumatisme l’année dernière avec le feu de Ribaute, une problématique qui a remis sur le tapis la nécessité de revoir les stratégies de gestion des espaces forestiers.

Une première convention en France pour l’Aude

Ce projet, une première dans l’Hexagone, vise à harmoniser et à simplifier les demandes de pâturage venant des éleveurs. Stéphanie Forestier, secrétaire générale de l’ONF pour l’Aude et les départements voisins, mentionne l’importance de centraliser ces demandes par l’intermédiaire de la Chambre d’Agriculture. En effet, l’objectif est de porter le nombre d’éleveurs autorisés à paître dans les forêts audoises de 100 à 150. Actuellement, le département reçoit une moyenne de 32 demandes de pâturage par an, un chiffre en hausse qui témoigne de l’intérêt croissant pour cette pratique ancestrale.

Il est également intéressant de noter que cette convention, qui s’étend jusqu’en 2032, cherche à accompagner davantage d’agriculteurs vers le pastoralisme. Cela pourrait considérablement influencer la qualité de la gestion des forêts face aux défis environnementaux modernes.

Un atout pour la biodiversité et la lutte contre le feu

Les bienfaits du pastoralisme sur les écosystèmes forestiers sont multiples. En effet, le pâturage permet de réduire la matière combustible dans les forêts, réduisant ainsi les risques de propagation des incendies. Margaux Lecroq affirme qu’avec cette méthode, il est possible de créer des coupures naturelles dans les massifs forestiers, renforçant ainsi la capacité de lutte contre le feu.

Stéphanie Forestier ajoute que la gestion du pastoralisme en milieu forestier est conçue pour diminuer l’impact du changement climatique sur les forêts. En intégrant les modes de pâturage actuels avec les mesures de prévention incendie, l’Aude donne des cartes aux exploitants agricoles tout en préservant la biodiversité.

Une autre dimension à ce projet est la renaissance d’une pratique qui a longtemps fait partie intégrante du paysage culturel du département. Au XIXe siècle, l’Aude abritait d’immenses troupeaux qui jouaient un rôle crucial dans l’écosystème local. Hélas, l’essor de la viticulture a considérablement réduit la place laissée à l’élevage, mais ce retour vers le pastoralisme pourrait changer la donne.

En somme, l’Aude trace une voie prometteuse vers un avenir où agriculture et préservation des ressources forestières vont de pair. Selon les informations publiées, cette initiative représente une véritable opportunité pour le département, à la fois sur le plan économique et écologique. Les habitants de l’Aude peuvent envisager un avenir où la synergie entre pastoral et forestier pourrait permettre de mieux répondre aux défis contemporains.