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La fresque familiale du Lot : comment les gabares et les avions racontent la modernité

Par Hugo Clement - 8 Août 2026, 16:20

Figeac, au cœur du Lot, se dévoile à travers les pages du dernier roman de Jean-José Boutaric, « L’Hélicier de Ceint-d’Eau ». Ce troisième et ultime tome s’inscrit dans une saga familiale qui retrace le destin de plusieurs générations, entre fluviale, ferroviaire et aéronautique. Un récit qui, au-delà du divertissement, fait écho à l’histoire locale et à l’évolution d’un territoire marqué par des bouleversements techniques et sociaux.

À Figeac, Jean-José Boutaric clôt sa saga familiale avec « L’Hélicier de Ceint-d’Eau »

Le roman commence avec Séraphin Cantagrehl, éclusier passé de sa région d’Espédaillac à Montbrun, jetant ainsi les bases d’une lignée où le métier de gabarier se transmet de père en fils. Baptiste, le petit-fils, vivra l’avènement du rail, qui rendra la navigation fluviale obsolète. Ce débat entre tradition et modernité est le fil conducteur de l’œuvre, apportant une résonance particulière à une communauté qui a vu son identité se redéfinir au gré des évolutions industrielles.

Une fresque aux résonances historiques

Jean-José Boutaric évoque non seulement des métiers disparus, comme celui de gabarier, mais aussi la transition vers d’autres modes de transport. « C’est la fin de cette fresque familiale qui fait revivre les bouleversements techniques, sociaux et humains » déclare-t-il, soulignant l’importance de ces transformations qui ont marqué la France moderne depuis le XIXe siècle. La saga, tout en étant une fiction, dépeint avec précision le vécu des habitants du Lot, qui ont vu leur quotidien changé par l’industrie et l’arrivée des nouvelles technologies.

L’histoire prend racine près du lycée Champollion à Figeac, où Paulin Ratier établit sa première usine. Martin Cantagrehl, un autre des descendants, fera son chemin jusqu’à Ceint-d’Eau, jonglant entre son travail et son rêve de piloter. Avec une plume délicate, Boutaric nous propose une narration captivante qui fusionne le passé et le présent, tout en gardant un ancrage solidement local.

Une mémoire à la fois nostalgique et moderne

À travers le personnage de Martin, le lecteur voyage entre la France occupée et l’Angleterre, illustrant l’impact de la Seconde Guerre mondiale sur les choix de vie de milliers de jeunes Français. Ce parcours, entre bravoure et désillusion, illustre également l’évolution d’un territoire rural vers l’industrialisation. Dans ses réflexions, l’auteur fait parfois entendre une note de mélancolie : « je regretterai toujours la disparition du rail ».

Cette nostalgie, partagée par de nombreux habitants du Lot, fait la force de son récit. La perte de ces vieilles voies ferrées est le symbole d’un monde en constante mutation.

Une lecture à découvrir

Après avoir pris plaisir à raconter cette saga, Jean-José Boutaric invite désormais ses lecteurs à découvrir le monde qu’il a imaginé. « L’Hélicier de Ceint-d’Eau » s’adresse non seulement aux amateurs de littérature, mais aussi à tous ceux intéressés par l’histoire locale du Lot. Les générations futures pourront, à travers cette fresque, comprendre comment des hommes et des femmes ont façonné leur environnement et ont su résister et s’adapter aux défis de leur temps.

Le livre est disponible aux éditions Anfortas, au prix de 23,50 €. Pour plus de détails sur cet ouvrage et l’univers de Boutaric, vous pouvez consulter les éléments communiqués dans un article de La Dépêche ici.

Cette saga du Lot est un véritable hommage à une époque révolue, tout en discutant des implications de l’industrialisation sur les communautés rurales. Une œuvre introspective qui rappelle à chacun l’importance de nos racines, tout en s’interrogeant sur notre avenir.