À LA UNE DU 16 AOûT 2026

Des moutons et des vaches, boucliers anti-incendie dans le Lot

Par Hugo Clement - 16 Août 2026, 12:50

Dans le Lot, l’action des associations foncières pastorales (AFP) prend de l’ampleur face au risque d’incendie. Ces structures unissent environ 160 propriétaires pour remettre en pâturage 350 hectares de parcelles abandonnées à Floirac. L’objectif ? Limiter la végétation combustible et faciliter les interventions des pompiers en cas d’incendie.

À Floirac, le pâturage pour lutter contre les incendies

La préoccupation croissante pour la sécurité face aux incendies a conduit de nombreuses communes, comme celle de Floirac, à adopter des solutions innovantes. Les AFP, présentes sur l’ensemble du territoire lotois, visent à relancer l’élevage sur des zones délaissées pour gérer la flore invasive qui, en période de sécheresse, pourrait alimenter les flammes. « L’impact du feu en 2018 à Cajarc nous a montré la différence entre les zones pâturées et celles laissées à l’abandon », souligne Isabelle Lapèze, experte en agriculture et environnement au Département du Lot.

À Floirac, l’association foncière pastorale, mise en place en 2016, a été motivée par des souvenirs d’incendies meurtriers, notamment celui de 1984. « La déprise agricole a laissé beaucoup de terrains non entretenus, augmentant le risque d’incendie », confie Alexandre Barrouilhet, président de l’AFP et maire de Floirac.

Pâturage : un moyen économique et écologique

Sur les 350 hectares couverts par l’AFP de Floirac, l’élevage est organisé de manière à maximiser l’efficacité de l’action préventive. Les animaux, comme des moutons ou des vaches, paissent pendant environ trois semaines par an, nettoyant activement la végétation. « Ces brebis sont de véritables débroussailleuses », compare Alexandre Barrouilhet. Un entretien continuel permet de réduire la matière sèche, essentielle à l’alimentation du feu.

D’un point de vue économique, cette approche est également plus viable que des interventions mécaniques coûteuses. « L’installation de machines pour débroussailler ces zones serait prohibitive », rappelle le maire. Toutefois, un défi persiste : le manque d’éleveurs pour accompagner cette initiative.

Prévention face au réchauffement climatique

La lutte contre les incendies en milieu rural ne se limite pas seulement au pâturage. Bien que la présence d’animaux ne garantisse pas l’absence de feux, elle contribue à diminuer leur intensité en maintenant la végétation à un niveau contrôlé. Comme l’explique Barrouilhet, « la broussaille est un combustible extrêmement dangereux, surtout en période de forte chaleur ».

Ainsi, les AFP représentent un moyen de préparer le territoire lotois aux aléas du changement climatique. « Avec le soutien de la population locale, ces initiatives pour l’anticipation et la prévention des incendies sont très bien perçues », affirme le maire.

L’expérience de Floirac pourrait bien servir de modèle pour d’autres communes du Lot confrontées au même défi. En multipliant ce type de pasteurage, le département pourrait renforcer la sécurité de ses habitants face à un risque d’incendie grandissant. Pour en savoir plus sur cette belle initiative, consultez les informations publiées sur ce sujet.

Le rôle des animaux dans la gestion des risques d’incendie sur le territoire lotois est une belle illustration de synergie entre tradition agricole et innovation environnementale.