À LA UNE DU 15 AVR 2026

Arrivé du Vietnam à un an et demi, il est élu maire six décennies plus tard.

Par Hugo Clément - 14 Avr 2026, 21:29

André Forget, élu maire de Sainte-Livrade-sur-Lot : un héritage indochinois au cœur de la commune

À Sainte-Livrade-sur-Lot, André Forget, un maire au parcours indochinois inspirant

Le 22 mars 2026, la commune de Sainte-Livrade-sur-Lot a été le théâtre d’une élection marquante avec l’élection d’André Forget au poste de maire. Un homme dont l’histoire personnelle est profondément ancrée dans le passé indochinois de la ville, marqué par l’arrivée de réfugiés en 1956. À travers cette élection, c’est un témoignage poignant d’intégration et de résilience qui émerge.

Un camp indochinois : des souvenirs qui forgent une communauté

L’histoire d’André Forget commence en 1956, lorsqu’il débarque à Sainte-Livrade-sur-Lot avec sa famille, un an et demi seulement. Ce moment coïncide avec l’ouverture du camp du Moulin du Lot, qui a accueilli plus de 1 000 réfugiés fuyant la guerre au Vietnam, en Laos et au Cambodge. Des temps difficiles pour ces familles, souvent séparées de leurs racines, vivant sous un régime de contrôle strict. “La vie était dure, les températures extrêmes aux deux saisons rendaient le quotidien encore plus difficile”, se remémore André Forget, regardant les bâtisses qui ont été son foyer durant vingt-trois ans.

Sous l’effet de ce changement, la population de Sainte-Livrade a presque doublé, accueillant des personnes venues d’ailleurs qui ont su, malgré les épreuves, bâtir un nouveau foyer sur le sol français. André Forget lui-même déclare : “C’est mes racines. On a été déracinés et on s’est réimplantés ici, comme si j’étais né dans le village.”

Une voix pour la mémoire indochinoise : le projet d’un musée

L’élection d’André Forget, qui a obtenu 49 % des voix au second tour, est bien plus qu’un simple fait électoral ; elle représente un symbole fort d’une communauté qui a su s’unir et se reconstruire au fil des ans. En tant qu’ancien adjoint du maire sortant, il s’impose comme un choix naturel pour la conduite des affaires de la commune. Mais il ne se contente pas d’une gestion classique. Son premier projet de mandat tourne autour de la création d’un musée dédié à la mémoire indochinoise, un projet ambitieux prévu pour 2030. “Je suis sûr que celles qui ont pris soin de nous ici seraient très fières”, confie-t-il.

Ce musée vise à préserver et à valoriser l’héritage culturel et historique de la communauté indochinoise à Sainte-Livrade, tout en sensibilisant les futures générations aux réalités de l’immigration.

Une communauté soudée et des traditions vivantes

Le CAFI est aujourd’hui l’un des rares endroits en France où une communauté d’origine indochinoise a su se forger une identité. À Sainte-Livrade, les traditions vietnamiennes perdurent, marquées par des célébrations annuelles qui rappellent les racines de cette communauté. Les associations locales sont également très actives pour transmettre cette mémoire de génération en génération, consolidant ainsi le tissu social de la commune.

Un mémorial fait également honneur aux rapatriés, garantissant que l’histoire de ces individus ne soit jamais oubliée. “Quand je vois ce bâtiment, je vois tout le chemin parcouru”, déclare André Forget, désormais maire, mais aussi symbole d’une intégration réussie que la France peine parfois à célébrer.

En somme, l’élection d’André Forget à Sainte-Livrade-sur-Lot n’est pas qu’une simple transition politique ; elle incarne un parcours de vie, le reflet d’une communauté qui, à travers les défis, a réussi à se réinventer tout en préservant son histoire. Pour en savoir plus sur cette histoire fascinante, découvrez davantage d’informations dans l’article complet d’après les éléments communiqués.