À LA UNE DU 2 JUIN 2026

Barjac : Le 7 janvier en question, focus sur Jean-Luc Bergounhe.

Par Hugo Clement - 19 Mar 2026, 17:47

La mobilisation des agriculteurs de Lozère est à nouveau à l’ordre du jour, avec une manifestation qui a pris une tournure judiciaire. En effet, le 12 mars dernier, une cinquantaine de membres de la Coordination rurale se sont réunis au tribunal de Mende pour soutenir Jean-Luc Bergounhe, incarcéré suite au blocage de la RN88 survenu en début d’année.

La RN88 sous tension

Le 7 janvier, la circulation sur la RN88 a été sévèrement perturbée, notamment près de Barjac. À partir de 16 h 30, plusieurs tracteurs se sont positionnés sur l’axe routier, entraînant un important ralentissement. En quelques instants, le blocage est devenu total, avec 1 km de stagnation sur la RN88 et près de 5 km de bouchons cumulés sur les voies adjacentes. Les circonstances extrêmes, avec des températures négatives et la neige, n’ont pas dissuadé les manifestants, qui réclamaient la venue du préfet et des députés. En fin de journée, la circulation n’a été rétablie qu’après l’intervention des gendarmes et un déploiement de plusieurs véhicules d’urgence.

Un mouvement qui s’inscrit dans la durée

Ce blocage fait partie d’une série de manifestations menées par les agriculteurs français en réponse à des problématiques croissantes dans le secteur. Le mécontentement porte notamment sur la gestion de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et les accords de libre-échange avec les pays du Mercosur. La Coordination rurale de la Lozère, ayant déjà effectué des barrages sur l’A75, se pose en porte-parole des attentes agricoles sur le terrain.

Jean-Luc Bergounhe a été désigné comme le leader du blocage, ce qui lui a valu des poursuites pour entrave à la circulation et mise en danger d’autrui. Selon lui, cette initiative était nécessaire pour faire entendre la voix des agriculteurs qui avaient des doléances à exprimer concernant leur soutien à la profession agricole au niveau national. L’absence de visibilité sur les intentions des autorités a joué un rôle crucial dans l’absence de prévention de l’exécution de cette action, d’après les propos des protagonistes.

Les enjeux judiciaires de la contestation

Lors de l’audience, les magistrats ont cherché à déterminer si la manifestation avait été organisée ou non. Les autorités judiciaires ont exprimé leur scepticisme quant à la planification de cet événement, insinuant que le caractère improvisé de la mobilisation était un problème. Jean-Luc Bergounhe a cependant rétorqué que l’État était informé des manifestations qui se déroulaient partout en France, et qu’il aurait dû (et aurait pu) informer les autorités de l’ampleur de leur action.

Le procureur de la République, Valéry Morron, prend une position ferme, insinuant que la liberté d’expression ne doit pas se traduire par des actes mettant en péril la sécurité publique. Il décrit le comportement de Bergounhe comme « irresponsable », plaidant pour une peine d’emprisonnement avec sursis, accompagnée d’une suspension de permis de conduire. D’autre part, l’avocat de la défense, Maître Alain Dibanjo, insiste sur l’importance de la discussion autour des droits des agriculteurs, soulignant que cette mobilisation était un acte légitime face à une situation critique.

En fin de compte, l’affaire de Jean-Luc Bergounhe renvoie à une question plus large sur la manière dont les autorités et la population perçoivent les luttes agricoles. Les décisions de justice annonceront non seulement le sort de l’agriculteur, mais également un précédent pour les mouvements de contestation en Lozère et ailleurs. Cette affaire, prévisible dans la conjoncture actuelle, suscite déjà de vives réactions et pourrait influencer le cours des mobilisations futures.

Pour plus de détails sur ce sujet, vous pouvez consulter les analyses de La Lozère Nouvelle.