À LA UNE DU 15 JUIN 2026

Deux arrêtés d’interdiction de paraître prononcés…

Par Hugo Clement - 15 Juin 2026, 09:55

À Cahors, des mesures administratives contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers sensibles

La lutte contre le trafic de stupéfiants se renforce à Cahors, où la préfète du Lot, Marilyne Poulain, a récemment prononcé deux interdictions administratives de paraître. Ces décisions, visant des individus impliqués dans le narcotrafic, concernent les quartiers sensibles de Terre-Rouge et Sainte-Valérie. Elles s’inscrivent dans un contexte de montée des préoccupations liées au trafic de drogue dans la commune.

Des interdictions administratives pour un contrôle renforcé

Les deux interdictions, annoncées sur le compte officiel de la préfecture, s’inscrivent dans le cadre de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 mise en place pour lutter contre le narcotrafic. Cette loi octroie aux préfets la possibilité d’interdire à certains individus de se trouver à proximité des points de deal pour une durée maximale d’un mois. Les détails, tels que le périmètre et la durée précisés pour les interdictions à Cahors, n’ont pas encore été communiqués. Ces mesures s’ajoutent aux efforts déployés depuis plusieurs mois pour démanteler les réseaux de trafic de stupéfiants dans la ville.

En effet, depuis avril 2026, Cahors a été le théâtre d’opérations policières majeures. Au cours d’un coup de filet le 13 avril, environ 325 policiers et gendarmes ont été mobilisés, se traduisant par 18 interpellations et des saisies notables de drogues, de liquidités, et d’armes. Les résultats de ces actions sont déjà significatifs.

Un cadre judiciaire et policier dynamique

Le 5 juin 2026, le tribunal correctionnel de Cahors a condamné sept membres d’un réseau familial à des peines de prison allant jusqu’à quatre ans ainsi qu’à des amendes pouvant atteindre 10 000 €. La dynamique judiciaire et policière ne montre aucun signe d’essoufflement, renforçant ainsi le cadre de sécurité dans la ville.

D’autres opérations ont suivi, comme celle du 28 avril où un kilogramme de cocaïne a été saisi, réaffirmant la vigilance des autorités. Des campagnes de prévention, cadrées par la nouvelle législation, se mettent en place pour contrer l’implication des jeunes dans ces trafics, notamment par la convention triennale LIMITS signée en janvier 2026 entre l’État et la mairie de Cahors.

Des réseaux structurés et un chiffre d’affaires considérable

Les enquêtes révèlent l’existence de réseaux bien organisés, avec des trajets fréquents entre Cahors et Toulouse, souvent effectués à des vitesses dangereuses. Les chiffres sont édifiants : un chiffre d’affaires quotidien pouvant atteindre jusqu’à 5 000 € dans le quartier de Terre-Rouge a été estimé. Le crime organisé, en effet, ne se limite pas à Cahors, mais s’étend au-delà des frontières départementales, impliquant des transferts de fonds vers l’Algérie.

Face à cette situation, l’implémentation des interdictions administratives devient un outil stratégique pour les autorités. Ces mesures administratives, ne nécessitant pas une condamnation préalable, permettent une réponse prompte pour endiguer le trafic de drogue. En somme, à Cahors, cette combinaison d’actions préventives et répressives constitue une réponse concertée contre un fléau social croissant.