À LA UNE DU 3 JUIL 2026

Un rapport alerte sur les risques pour la pérennité du service public des déchets dans le Lot-et-Garonne

Par Hugo Clement - 3 Juil 2026, 06:55

La gestion des déchets est un enjeu crucial pour le Lot-et-Garonne, comme le souligne le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine. Ce document présente un état des lieux préoccupant concernant ValOrizon, le syndicat en charge du traitement des déchets ménagers dans le département. Alors que des améliorations sont notées, des défis financiers et des échéances importantes pèsent sur l’avenir de ce service essentiel.

Gestion des déchets à Damazan : des enjeux cruciaux pour ValOrizon

ValOrizon, basé à Damazan, est le syndicat responsable de la gestion des déchets ménagers pour 88 % de la population du Lot-et-Garonne, soit environ 242 662 habitants. Dans son rapport publié le 1er juillet, la Chambre régionale des comptes alerte sur une situation financière fragile. Malgré une hausse significative du taux de valorisation des déchets, qui est passé de 36 % en 2015 à 43 % en 2023, cet objectif reste en deçà des 65 % exigés d’ici 2025. Cette insuffisance face aux standards nationaux souligne la nécessité d’une révision stratégique.

Le rapport met également en exergue l’augmentation du coût de traitement des déchets, qui est passé de 45 € par habitant en 2019 à 60 € en 2024. Ces évolutions économiques interpellent sur la pérennité du modèle financier de ValOrizon. La question se pose : comment assurer le financement durable d’un service public vital dans un contexte économique incertain ?

Le défi de la fermeture du site d’enfouissement de Monflanquin

Le défi majeur auquel ValOrizon doit faire face est la fermeture programmée de son site d’enfouissement à Monflanquin, prévue pour 2034. Alain Lorenzelli, le nouveau président du syndicat, partage cette préoccupation, estimant que « sans anticipation suffisante, la continuité du service public pourrait être fragilisée ». La nécessité de trouver des solutions alternatives devient donc urgente.

Pour pallier la fermeture de ce site, le syndicat envisage l’implantation de deux unités de valorisation énergétique (UVE) dans les régions du Villeneuvois et de l’Agenais. Ce projet, d’un coût avoisinant les 120 millions d’euros, est présenté comme une réponse incontournable pour maintenir un service de traitement des déchets efficace.

Une stratégie à peaufiner pour l’avenir

Le rapport de la chambre régionale des comptes renvoie également à des défis industriels. La construction des deux nouvelles UVE nécessitera une sécurisation des recettes pour garantir leur autofinancement. Alain Lorenzelli a rappelé que même si le projet avançait, il serait achevé juste un an avant la fermeture de Monflanquin, accentuant ainsi l’urgence de la situation.

En parallèle de ces enjeux, l’Ecoparc, dédié à l’économie solidaire, souffre de difficultés. Malgré un investissement de 10,4 millions d’euros, le rapport indique que cette zone n’a pas attiré le succès escompté, ce qui pourrait conduire à une vente envisagée du site.

Pour garantir la continuité du service de gestion des déchets dans le Lot-et-Garonne, il est essentiel d’opérer dès maintenant des choix stratégiques. Comme l’indique le rapport, il est nécessaire d’« anticiper » pour éviter que la frustration des administrés ne devienne un handicap. Dans un avenir où les problématiques environnementales prennent de l’ampleur, ValOrizon devra optimiser sa gestion, tout en répondant aux exigences légales et sociétales.

Pour un aperçu plus détaillé des enjeux financiers et stratégiques de ValOrizon, consultez le rapport de la Chambre régionale des comptes, disponible ici.