À LA UNE DU 16 MAI 2026

Ligne Montpellier-Perpignan : Faut-il construire une nouvelle gare entre Béziers et Perpignan ?

Par Hugo Clement - 16 Mai 2026, 07:35

Le projet de la phase II de la ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan (LNMP) suscite un vif débat à Béziers et Narbonne. Alors que la concertation officielle a débuté le 9 avril dernier, les résidents de ces deux villes sont invités à donner leur avis sur l’implantation des futures gares lors de deux réunions publiques prévues les 19 et 20 mai.

À Béziers et Narbonne : la concertation sur la LNMP et l’avenir des gares

Ce projet d’envergure, qui engage un budget prévisionnel de 4,9 milliards d’euros pour l’ajout de 97,7 km de voies nouvelles d’ici à 2040, propose deux gares : Béziers Est et Narbonne Ouest. L’enjeu est double : améliorer les liaisons ferroviaires tout en tenant compte des préoccupations locales quant à la mixité du transport de voyageurs et de fret, comme le souligne le site Midilibre.

La question centrale, qui fait l’objet des discussions actuelles, concerne non seulement le nombre de gares nécessaires, mais aussi leur positionnement. Alors que la concertation précédente avait favorisé l’idée de deux nouvelles gares, des alternatives révisées, allant d’une seule gare à aucune, sont désormais envisagées. Ces alternatives ont été formulées pour répondre à des préoccupations de faisabilité et d’impact économique sur les territoires.

Un projet partagé ou un risque d’isolement ?

Parmi les préoccupations majeures, la nécessité de relier les gares aux réseaux de transport existants est primordiale. Il est impératif que ces nouvelles infrastructures ne soient pas des « gares betteraves, » isolées des centres-villes. Les données collectées par SNCF Réseau montrent que l’emplacement des gares influencera directement l’attrait du service ferroviaire afin de capter un maximum de voyageurs entre Agde et Béziers, ou encore vers Narbonne.

Cette phase de concertation vise à anticiper les attentes des usagers et à s’assurer que le nouveau système ferroviaire répondra aux besoins des territoires. Vincent Bouvier, un représentant de SNCF Gares et Connexions, insiste sur l’importance d’intégrer ces projets dans un développement économique plus large. La nouvelle gare de Béziers, par exemple, pourrait devenir un pôle tertiaire dynamique, tandis que Narbonne pourrait se doter d’une plateforme logistique de premier plan.

Les enjeux environnementaux au cœur des discussions

Le débat autour de la mixité des gîtes, fret et voyageurs, souligne également les enjeux écologiques de la ligne. En effet, transférer une partie du trafic routier vers le rail pourrait contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce transfert est perçu comme une opportunité pour désengorger l’A9 et valoriser l’infrastructure ferroviaire.

En parallèle, la ville de Perpignan s’exprime contre l’implantation d’une nouvelle gare, revendiquant les investissements réalisés pour optimiser l’accès à sa gare actuelle. Seul un raccordement à la voie espagnole est envisagé pour faciliter le fret, ce qui pourrait également permettre de fluidifier le trafic des TGV.

Un avenir incertain pour les gares

La question des futures gares de Béziers et Narbonne dépendra largement des résultats de cette concertation et des décisions des représentants politiques locaux. La prochaine réunion, prévue pour le 19 mai à Narbonne, puis le 20 mai à Béziers, permettra aux citoyens de soumettre leurs idées et préoccupations concernant le positionnement et le nombre de gares sur la LNMP.

Ce projet ambitieux se veut donc un acteur de la transformation des transports en région, tout en appelant à la participation des habitants pour qu’il réponde véritablement à leurs attentes et besoins. Les décisions prises dans les mois à venir auront des répercussions sur des décennies, façonnant ainsi le paysage ferroviaire de l’ensemble du département.