Des agriculteurs lotois manifestent pour défendre leur viande face à l’importation
Une mobilisation déterminée s’est tenue ce mercredi matin devant l’abattoir Destrel à Gramat, propriété du groupe Bigard. Environ vingt agriculteurs de la Coordination Rurale (CR46) ont exprimé leur mécontentement face à l’importation de viande d’agneau irlandaise, vendue à des prix souvent plus élevés que ceux de l’Agneau Fermier du Quercy.
Gramat : Les agriculteurs lotois se dressent contre l’importation de viande d’agneau
Dès 6 h 30, les agriculteurs se rassemblent devant l’abattoir, brandissant des drapeaux de la CR46 et quelques tracteurs chargés de fumier en renfort. Au cœur de leur colère, la vente de viande d’agneau principalement d’origine irlandaise à près de 34 euros le kilo dans la grande distribution, alors que le prix de l’Agneau Fermier du Quercy oscille entre 27 et 28 euros en boucherie. La CR46 dénonce non seulement la situation économique difficile dans laquelle se trouvent les éleveurs locaux, mais aussi l’absence de mentions sur les labels qui garantissent la provenance de la viande.
Les enjeux de la filière locale de l’agneau
Lors de cette mobilisation, les agriculteurs ont pour objectif de contrôler l’origine de la viande transportée par les camions. Clément Desport, coprésident de la CR46, souligne l’urgence de la situation en déclarant : « Cette filière a du mal à survivre ». Il insiste sur le besoin urgent de revenus pour les agriculteurs, affirmant qu’ils souhaitent au moins des salaires équivalents au Smic.
La question de l’impact environnemental des importations n’est pas en reste. Desport s’interroge sur l’empreinte carbone d’un agneau transporté d’Irlande pour être découpé en France et revendu bien plus au sud. Les agriculteurs, tout en reconnaissant que l’abattoir a besoin de volumes d’approvisionnement, demandent à Bigard de privilégier les circuits courts, locaux et nationaux. « Nous pouvons fournir 40 % de leur production annuellement », rappelle-t-il.
Un dialogue amorcé avec le groupe Bigard
Vers 10 h 30, après près de deux heures de mobilisation, les représentants de la CR46 sont reçus par le directeur régional de Bigard et son homologue à Gramat. Nicolas Espinaco, coprésident de la CR46, exprime sa satisfaction, tout en restant prudent quant aux résultats de cette rencontre. Bien qu’aucune garantie n’ait été donnée, les agriculteurs espèrent une meilleure négociation avec les grandes surfaces, qui détiennent souvent le pouvoir décisionnel en matière de prix.
Philippe Alazard, responsable national des filières Veau et Ovins chez Bigard, qualifie cet échange de « constructif ». Il souligne que l’abattoir de Gramat est avant tout destiné à développer la filière locale, abattant des ovins français. Il précise également que les barquettes de viande irlandaise proviennent d’une demande saisonnière de la grande distribution.
En attendant, la CR46 espère que les résultats tangibles de cette mobilisation se feront rapidement sentir. Le groupe Bigard entendactuellement prendre en compte les revendications des agriculteurs, mais la CR46 avertit qu’elle pourrait revenir sur le site si les engagements ne sont pas respectés.
Les agriculteurs lotois continuent d’interpeller sur la nécessité de défendre leurs produits locaux face à une grande distribution qui privilégie souvent les importations. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique de préservation non seulement de la filière ovine locale, mais également de ses valeurs environnementales et socio-économiques.
Pour en savoir plus sur cette mobilisation, vous pouvez consulter cet article.