Face à une hausse inquiétante des attaques d’ours sur les troupeaux dans le Couserans, la préfecture de l’Ariège a annoncé une mesure controversée : l’autorisation de tirs d’effarouchement renforcés. Cette décision, qui vise à protéger les éleveurs et leurs animaux, a immédiatement suscité des réactions parmi les défenseurs de la faune.
À Saint-Girons, les tirs d’effarouchement des ours soulèvent des inquiétudes locales
La commune de Saint-Girons, au cœur du Couserans, est particulièrement touchée par ce phénomène. En moyenne, treize attaques d’ours sont rapportées chaque année entre 2023 et 2025 sur ce territoire pastoral. Les éleveurs, confrontés à des pertes récurrentes, se montrent inquiets. La dernière attaque a d’ailleurs eu lieu le 15 juin dernier, poussant les autorités à réagir.
Les tirs d’effarouchement ne seront pas menés de façon aléatoire. Ils ne peuvent être déclenchés qu’après la localisation d’un ours à proximité immédiate d’un troupeau. Les premières opérations ont eu lieu en fin de juin, sous la supervision de l’Office Français de la Biodiversité, avec des agents équipés de fusils de calibre 12 chargés de cartouches à double détonation, sans aucune munition létale.
La préfecture justifie cette dérogation à la stricte protection de l’ours en évoquant l’importance économique des estives pour la région. Elle souligne que cette mesure ne met pas en danger la survie de l’espèce.
Des éleveurs en première ligne face aux attaques d’ours
Les éleveurs de la région se retrouvent en première ligne face à la menace des ours. Avec des risques de pertes d’animaux qui pèsent largement sur leur activité, ils expriment une lassitude face à des attaques récurrentes. Les témoignages d’éleveurs dépeignent un quotidien compliqué, où l’angoisse de voir leurs troupeaux décimés par des prédateurs plane en permanence.
Les représentants des exploitations pastorales estiment que le bien-être de leurs animaux doit primer sur celui des ours. En effet, il est difficile pour eux d’équilibrer la cohabitation entre l’élevage traditionnel et la présence d’un prédateur aussi emblématique que l’ours dans les Pyrénées.
Réactions des défenseurs de l’ours et de la biodiversité
Opposées à cette décision, plusieurs associations de défense animale, comme One Voice, craignent des conséquences néfastes pour l’espèce. Selon leurs représentants, les tirs, même non létaux, pourraient avoir des effets traumatiques sur les ours, notamment en perturbant les mères avec leurs oursons.
Ils mettent également en avant le caractère bruyant des détonations, qui pourrait fragiliser l’audition des plantigrades et impacter leur comportement. Pour ces associations, la solution ne réside pas dans l’effarouchement des ours, mais dans le renforcement des dispositifs de protection des troupeaux et la mise en place d’alternatives favorables à la cohabitation.
Ainsi, le débat sur la cohabitation entre élevage et biodiversité reste au cœur des préoccupations dans le Couserans. Les répercussions de cette mesure pourraient influencer la gestion de la faune locale et nécessiter des solutions plus durables pour assurer la survie à la fois des éleveurs et des ours.
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